Soget, ce n'est pas seulement S)One qui vient d’achever son développement sur tout l'axe Seine au premier trimestre 2022. C'est aussi un ensemble de services, recourrant notamment à l'intelligence artificielle et aux algorithmes par exemple pour ETA Predict, afin de piloter la performance logistique et portuaire. Des outils d'aide à la décision d'autant plus utiles en temps de congestion portuaire et de désorganisation du transport maritime au niveau mondial. Un article du dossier spécial « axe Seine » du magazine mai-juin 2022 de NPI.
L'entreprise havraise Soget a fait du Port Community System (PCS) son cœur de métier et s'est imposée aussi bien en France qu'à l’international. Depuis 2011, elle est partenaire « Gold » de Microsoft et également membre fondateur de l'IPCSA (International Port Community Systems Association, voir article de NPI) et de Trafis-Lab, le premier laboratoire public-privé consacré à la facilitation des échanges internationaux, au numérique et à l'intelligence artificielle.Sur l'axe Seine, Soget a relevé un défi de taille, celui de connecter les trois principaux ports français (Le Havre, Rouen, Paris) grâce à un PCS unique, S)One. « C'était un véritable défi car, pour la première fois, nous développions un système sur trois ports différents. Aujourd'hui, S)One, ce sont 10 000 utilisateurs par jour sur l'axe Seine représentant près de 1 800 entreprises. Près de 160 terminaux sont connectés sur l'axe Seine. Les entrepôts le sont également. Près de 4 000 personnes ont été formées. Tous les trafics sont concernés, vracs solides, liquides, roulier, conteneur », explique Hervé Cornède, président du directoire de Soget. L’opération était d'autant plus importante que les trois ports de l'axe Seine représentent deux tiers du commerce extérieur français.
De nouvelles fonctionnalités
Les fonctionnalités de S)One ont évolué en collaboration avec la direction inter-régionale des douanes. Depuis deux ans, et malgré les contraintes liées à la crise sanitaire, le système s'est progressivement mis en place en gardant l'ancien système AP+ en cas de problème. Un gage de sécurité pour les entreprises. L’ensemble est opérationnel depuis le premier semestre 2022. « A chaque fois, nous avons voulu garder la spécificité des process métiers. Nous avons affiné les choses avec chacun des acteurs. Le fluvial a été intégré au travers des process douaniers, des process logistiques. Un gros travail a été effectué avec tous les terminaux fluviaux. Et ce n'est pas fini car le système digital évolue sans cesse. Il y a de nouvelles demandes. Le système est notamment très utile en période de désorganisation du transport maritime ». S)One a vocation à évoluer dans le temps à travers plusieurs versions comme c'était déjà le cas d'AP+ dont la durée de vie a été de quinze ans.De nouvelles fonctionnalités sont développées. S)One Tracks, par exemple, permet de fournir le statut de la marchandise d'un client en temps réel sur tous les ports de l'axe Seine, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Un transporteur routier, avant de se déplacer, pourra ainsi vérifier si la marchandise est attendue ou au contraire disponible sur un terminal ou dans un entrepôt. « C'est quelque chose qui intéresse les transporteurs pour diminuer leurs temps d'attente sur les terminaux. Ces évolutions s'adressent aussi à des personnes qui ne s'intéressent qu'à certaines fonctionnalités de S)One », rappelle Hervé Cornède.Autre exemple avec S)One Green qui permet aux professionnels de la logistique et du transport d'analyser et d'améliorer la qualité de leur service et de leur empreinte environnementale et sociétale. Il offre ainsi la possibilité d'obtenir des rapports RSE et GES (gaz à effet de serre) personnalisés (pour un volume, un conteneur, etc.) réalisés à partir des données traitées par S)One. La publication de ce type de rapports est déjà obligatoire pour les entreprises de transport de plus de 49 salariés, selon une directive européenne. Ces documents permettent aux commissionnaires de transport et aux chargeurs de valoriser leurs engagements auprès des clients et de diminuer les coûts internes liés à la satisfaction des obligations réglementaires (Co2, RSE et GES). Ils servent aussi à vérifier la performance et la pertinence des choix de transport.
ETA et intelligence artificielle
Autre nouveauté avec ETA Predict qui fournit, comme son nom l'indique, une prédiction de l’ETA (Estimated Time of Arrival, l'heure prévue d'arrivée du navire) en utilisant les données du PCS S)One et des algorithmes. L'intelligence artificielle permet d'analyser les données en temps réel et d’affiner l’ETA. Celle-ci est ainsi calculée tout au long du voyage pour permettre d'anticiper les aléas de transport de manière précise. Cette traçabilité peut permettre une meilleure planification des besoins humains et matériels sur un terminal ou dans un entrepôt par exemple pour les transporteurs et chargeurs. Cette planification peut permettre des économies et contribuer aussi à réduire la congestion portuaire et donc les files d'attentes sur les terminaux, un problème récurrent ces deux dernières années. Cette nouvelle fonctionnalité a été rendue possible grâce à un partenariat signé entre Soget et l'entreprise Sinay. Elle concerne les conteneurs à l’import et à l’export.ETA Prédict a été présentée lors d’une web conférence organisée par Soget le 9 juin 2022 et est ouverte à tous jusqu’en septembre afin de permettre au plus grand nombre d’utilisateurs de la tester et faire part de leurs avis. Elle est accessible depuis S)One mais aussi depuis le site Internet de Soget. C’est un outil d’aide à la décision. Il a été précisé lors de la web conférence : « Nous sommes dans une phase de test collaborative, nous avons besoin de connaître les retours d’expérience des utilisateurs. Nous souhaitons à terme intégrer ETA Predict dans S)One. Nous nous demandons s’il faut aussi prévoir ce service sur d’autres supports, quel peut-être son modèle économique et sa facturation ? Tout est ouvert pour le moment. Nous prévoyons déjà des évolutions en ajoutant des ports, en l’adaptant aux besoins des compagnies maritimes en plus de ceux des chargeurs et transporteurs ».
L’importance du digital dans les ports
Pour Hervé Cornède : « Avec S)One, nous développons tout au long de 2022 divers éléments d'aide à la décision pour nos clients afin de leur donner de la visibilité et leur permettre d'anticiper les choses. C'est le cas de S)One Tracks qui est déjà opérationnel ou de ETA Predict, en cours de développement. Nous croyons beaucoup à tous ces micro services bâtis autour de S)One. Il faut être en mesure d'apporter de la valeur ajoutée. L'axe Seine se prête bien au déploiement de ces nouveaux outils qui renforcent l'attractivité du territoire. C'est ce qui peut faire la décision pour une nouvelle implantation logistique ou pour le choix d'un trafic par exemple. Les ports nord européens l'ont bien compris. Il faut que les ports français comprennent que le digital, c'est une façon de se différencier et d'attirer les clients ». Soget est également sensible à la question de la cybersécurité, une autre attente actuelle des acteurs de la filière du transport et de la logistique. Pour offrir une sécurité maximale des accès et des données, Soget s'est allié avec Orange Business Services pour sécuriser l'accès à S)One. Selon Hervé Cornède : « S)One est sur le cloud Azur de Microsoft depuis décembre 2021. C'est une grosse évolution en matière de sécurité, de capacité de serveur et d'amélioration de la performance de l'outil ».