Sur le Rhône, la CNR garde espoir

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Le trafic sur le Rhône a baissé en 2022. Pourtant, selon la CNR, les nouveautés de l’année semblent porter un vent d’espoir. D’autant que 2023 devrait voir aboutir des projets attendus de longue date. Un article extrait du dossier spécial « axe Rhône-Saône-Méditerranée » du magazine octobre-novembre-décembre 2022 de NPI.

Quand il y a de l’espoir, certaines mauvaises nouvelles sont plus faciles à encaisser que d’autres. En somme, c’est ce qui ressort de l’année du fluvial, sur le Rhône. Le trafic a été largement affecté par la hausse du prix des énergies et des matières premières, la baisse des échanges internationaux. A la fin septembre 2022, 2,69 millions tonnes ont été transportées sur la vallée du Rhône, contre 2,81 millions en 2021, soit une baisse de -4,4 %. S’il reste difficile de faire un bilan global à trois mois de 2023, le port de Lyon se sort plutôt mal de cette année avec un repli de -6 % de son trafic fluvial (830985 t à fin septembre 2022 par rapport à 984119t fin septembre 2021).

Déchets et économie circulaire 

Cette contraction est largement ressentie au niveau du trafic conteneur. Cette filière connaît une diminution de -9 % avec 45 873 EVP transportés au lieu 50 253 EVP en 2021. « C’est vraiment le secteur le plus atteint », constate Aurélie Forcheron, responsable du département aménagement et développement de la CNR. Côté vrac, le secteur céréalier s’est maintenu tandis que la métallurgie et le transport lié au BTP sont à la peine.

Cependant, le développement du transport de mâchefer est porteur d’espoir pour fluvial. Les bons résultats du groupe Combronde, qui officie entre l’incinérateur de la métropole de Lyon et Loire-sur-Rhône, montrent que de nouveaux flux sont possibles. La construction d’une quatrième voie ferrée à Loire-sur-Rhône est prévue en 2023 pour porter cette activité. Pas de doute : l’économie du recyclage se développe sur cet axe. L’entreprise Soluwaste, qui valorise des déchets ferreux et non-ferreux, s’est installée sur le site du Pouzin en octobre et va utiliser la voie d’eau. À ses côtés, Recyclage centre Ardèche (RCA) a pris place pour du recyclage de BTP et utilisera, à terme, le fleuve.

« Ce développement a vraiment marqué l’année. L’installation du groupe Pradier, au port de Lyon, a été, en ce sens, un événement », relève la responsable de la CNR. A terme, le groupe producteur de matériaux pour le BTP (voir p.22) prévoit un trafic de 270000 t de matériel par an, soit 5 % du trafic actuel.

Autre filière d’avenir sur l’axe : la logistique fluviale. Depuis cet été, les Alsaciens d’ULS proposent une première ligne régulière pour desservir le centre-ville par le fleuve et des vélos-cargo (voir p.28). Cette initiative devrait être suivie début 2023 par l’arrivée du projet Lium, filiale de BFT Transports, qui doit opérer entre le Beaujolais et le port de Lyon (voir p.20 et 21). La ZFE a provoqué une demande de solution alternative au tout-routier.

Longtemps attendue, la mise en exploitation au premier semestre 2023 d’un hôtel de logistique urbaine (HLU) pourrait aussi changer la donne. L’ensemble de 29 000 m2 devrait permettre d’optimiser la logistique du dernier kilomètre.

Un SIF avec VNF

Pour la CNR, au port de Lyon Edouard Herriot, « l’objectif de 2023 va être de développer les modes massifiés en faisant en sorte que le fleuve et le fer soient complémentaires », selon Aurélie Forcheron. Dans ce cadre, le concessionnaire a lancé un appel à projets pour six parcelles du port pour une surface de 7 ha. La réaffectation des parcelles situées au bord de la voie d’eau ira à des activités fluviales. Les candidats sont incités à chercher des alternatives au gazole, que ce soit dans la manutention ou dans les pré- et post-acheminement. Les lauréats seront connus en avril 2023.

La CNR conduit d’autres chantiers divers sur plusieurs des 18 sites dont elle assure la gestion, notamment pour « décarboner » les activités. Au port de Lyon, à Arles, ou à Port-Saint-Louis-du-Rhône, des bornes électriques hautes puissances vont être installées pour la croisière. À ceci s’ajoute le développement de bornes électriques pour le fret (Lyon, Portes-lès-Valence et Arles notamment). A Arles, un quai public a été remis en état cette année et la création d’un quai à bateaux est en cours.

Un système d’information fluviale (SIF) va être mis en place avec VNF sur le bassin Rhône-Saône afin de mieux suivre les marchandises. « La réflexion à ce sujet est déjà lancée, elle devrait se poursuivre en 2023 et 2024 », précise la responsable de la CNR.

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