Début 2023, une nouvelle ligne fluviale devrait être mise en place entre Lyon et le Beaujolais. La société Lium, filiale de BFT Transports, met en place sa première chaîne logistique multimodale avec une solution numérique originale. Un projet de ligne qui en appelle d’autres. Un article extrait du dossier spécial « axe Rhône-Saône-Méditerranée » du magazine octobre-novembre-décembre 2022 de NPI.
Après le lancement de la solution ULS côté Rhône, Lium, filiale de la BFT, répond au besoin de développement d’une logistique urbaine intégrant le fluvial côté Saône. Avec une différence majeure : sa chaine logistique commence bien avant les frontières de la métropole de Lyon. Le pré-acheminement des marchandises auprès de 26 entreprises du Beaujolais a été effectué via des véhicules électriques ou fonctionnant au gaz. Massifiées au port de Villefranche-sur-Saône, elles ont ensuite embarqué dans le Tourville pour être transportées à Lyon (voir p. 20). En tout : 1100 km de trajets « décarbonés » ont été effectués sur la journée. Un exemple de logistique complète sans émission de carbone.
« L’idée est réellement d’aller de l’extra-urbain vers les centre-villes », note Marilyn Folleas, dirigeante de BFT Transports. Depuis 30 ans, sa société propose des solutions de transport multimodal. Créée il y a un an et demi, la filiale Lium a vocation à poursuivre cette logique en intégrant les modes « doux » pour les entreprises voulant livrer les agglomérations. Ce faisant, elle prend en compte les nouvelles réglementations liées aux zones à faible émission (ZFE).
Pour mettre en place ses lignes, Lium teste d’abord ses capacités filière par filière. Dans le cas de la « Beaujo-Lyon », une première expérimentation a eu lieu en mai pour la livraison de vins et de colis. Puis, une livraison de 500 palettes de produits du BTP a été faite en juin, et un dernier test en novembre a intégré l’utilisation de conteneurs frigorifiques. « L’étape suivante est d’augmenter le nombre de donneurs d’ordre, les volumes et le nombre de points de livraisons. Ensuite, on intensifie la chaîne digitale et technique. L’objectif est de proposer des solutions pour satisfaire toutes les filières. Par ce biais, nous prouvons que nous pouvons répondre aux enjeux techniques, écologiques et économiques des entreprises », détaille Marilyn Folleas.
Une appli pour le suivi
La valeur ajoutée de Lium ? Un système numérique qui permet de suivre sa marchandise via une intelligence artificielle intégrée. Une solution informatique pour commander facilement et pour optimiser, en temps réel, chaque tournée. Les utilisateurs pourront être informés des économies en CO2 réalisées. Les données techniques des produits (température notamment pour les denrées périssables) pourront être suivies en temps réel.
Afin d’éviter les trajets à vide, Lium travaille sur la mise en place d’une « reverse logistic ». pour laquelle elle s’appuie sur l’entreprise Elise, spécialisée dans le recyclage de déchets de bureaux. « Des producteurs du Beaujolais nous ont aussi demandé s’il était possible de récupérer des consignes », ajoute la dirigeante.
Pour la suite, Marilyn Folleas privilégie la prudence et ne donne pas de chiffres sur un potentiel tonnage transporté. Cela étant dit, entre les colis, les denrées alimentaires ou les produits issus de l’artisanat, le potentiel est énorme, selon elle. À la suite des tests, la ligne entre le Beaujolais et Lyon devrait être mise en place, de façon hebdomadaire, début 2023. Elle espère pouvoir la rendre quotidienne en 2024.
Un projet parmi d’autres pour Lium. Des tests concluants ont déjà été réalisés avec de la livraison de colis en partance de Corbas, au sud de la métropole. Ces derniers doivent être acheminés au port Édouard Herriot via des véhicules électriques ou des camions fonctionnant au HVO (huile végétale hydrotraitée) vers le site de 25 000 m2 de BFT Transports. Les colis pourront ensuite partir en bateau vers les quais Arloing et Fulchiron. « Pour cela, nous sommes en train de construire une estacade sur notre installation située à voie d’eau », précise la dirigeante. Son but est également de s’interconnecter à l’hôtel de logistique urbaine, en cours de construction sur le port Édouard Herriot. Ce dernier sera achevé en 2023.
Enfin, l’entreprise étudie les flux potentiels entre le sud du département et Lyon. Une nouvelle ligne pourrait-elle être installée entre Lyon et Salaise-sur-Sanne ? Voire Valence ? BFT Transports et Lium ont, en tout cas, de la suite dans les idées.