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Opérations "ports morts" : le transport de marchandises français est en péril

Actu-Transport-Logistique.fr | Maritime | publié le : 15.01.2020 | Dernière Mise à jour : 15.01.2020

Le syndicat exprime le ras-le-bol de la profession, en dénonçant les conséquences "mortifères" des mouvements sociaux "risquant de coûter l’emploi à des centaines de salariés".

Crédit photo NBC

Le 14 janvier 2020, au 41e jour de grève contre la réforme des retraites, les organisations professionnelles du transport et de la logistique, TLF, TLF overseas, FNTR et l’OTRE interpellent le gouvernement pour obtenir le déblocage des ports français. Financièrement fragilisés, les professionnels demandent des mesures de soutien. Les chargeurs déplorent le retour à la situation dramatique de 2010 et envisagent sérieusement de ne plus toucher les ports français. Une décision lourde de conséquences pour l’économie française. 

Un cri d’alarme, un appel au secoursLes professionnels du transport et de la logistique subissent de plein fouet les conséquences des opérations "ports morts", décrétées depuis le 5 décembre 2019 par la toute puissante Fédération Nationale des ports et Docks (FNPD). Cette dernière a lancé, malgré les annonces d’Edouard Philippe ce week-end, un nouvel arrêt de travail de 72 heures. Dockers, agents portuaires observent le mot d’ordre 14 au 16 janvier, relayés par CGT des marins du remorquage à compter du 15 janvier…  

"L’activité du transport de marchandises est en péril. Sans ports, pas de commerce extérieur ! (…) J’appelle officiellement les autorités nationales et locales à débloquer la situation pour assurer la libre circulation des personnes et des marchandises, déclare Herbert de Saint Simon, Président de TLF Overseas. Notre gouvernement doit urgemment prendre conscience des conséquences de cette situation pour la compétitivité de la filière maritime. Nous demandons expressément à être reçus par le gouvernement d’ici la fin de la semaine."

Herbert de Saint Simon, président de TLF Overseas.
© NBC

“La marchandise commence à manquer”

Commissionnaire de transport aérien et maritime, Setcargo déplore plusieurs millions d’euros d’impact en décembre et janvier et une sous-activité pour les effectifs. Son président, Philippe Chevalier, dénonce l’entrave exercée par les manifestants pour accéder aux ports du Havre et de Port-Saint-Louis-du-Rhône. "Le personnel se trouve dans l’impossibilité de rejoindre les entrepôts du groupe pour prendre les conteneurs et les mettre à disposition des armateurs. Dans les DOM TOM, la marchandise commence à manquer dans les magasins et les entreprises. Les compagnies ne viennent plus au Havre, ça charge à Zeebrugge et Anvers", déplore M. Chevallier. 

“Oublier Marseille pour Anvers et Zeebrugge”

Fabricant et  importateur de luminaires, Batimex avait essuyé les grèves liées à la réforme du statut des ports. Dix ans plus tard, l’histoire se répète. "Nous sommes bien dans la situation de 2010... Si ça dure, nous allons devoir demander à nos fournisseurs d'oublier Marseille dorénavant et charger vers Barcelone ou Zeebrugge. Le nouvel an chinois commence cette semaine et jusqu'au 15 février nous n'aurons plus aucun chargement. Donc le mal est fait, il est trop tard pour que les conteneurs flottent à destination de Fos. Si les grèves perdurent, les compagnies vont demander de décharger n'importe où sauf à Fos", déplore Jean-Yves Baeteman, président de Batimex. 

"On se pose la question de fuir les ports français. Certains chargeurs ont basculé depuis la mi-décembre à Barcelone. Nous perdons la crédibilité que nous avions mis tant de temps à reconquérir, s’alarme Thibaut San Galli, overseas transport manager Marketing & Distribution chez Nestlé Waters et porte-parole des chargeurs au sein de l’Union maritime et fluviale de Marseille-Fos. Les chaînes logistiques souffrent, la rentabilité n’existe plus puisque le fret est dérouté vers des ports étrangers. La perte de visibilité sur notre chaîne logistique nous empêche de prendre des décisions. Dérouter la marchandise coûte extrêmement cher."

Demande d’allégement des frais sur les terminaux

Dans un courrier adressé le 13 janvier à l’ensemble des compagnies maritimes opérant sur les ports français et aux entreprises de manutention, Eric Hémar, président de TLF et Herbert de Saint Simon, président de TLF Overseas, ont demandé l’exonération de tous les jours de grèves dans le calcul des frais de stationnement, gardiennage, branchement des conteneurs reefers, détentions et surestaries. 

Maillon essentiel de la chaîne logistique, les transporteurs routiers sont touchés de plein fouet par ce conflit qui s’enlise. "La FNTR a été reçue à Bercy il y a quelques semaines pour évaluer les mesures de soutien nécessaires aux entreprises de transports routier fragilisées par les mouvements sociaux, explique Jean-Christophe Pic, Président de la FNTR. Des mesures spécifiques doivent être prises immédiatement, en particulier concernant les entreprises travaillant avec les ports concernés."

"Des grèves mortifères" 

Marc Grolleau, président de l’AFTRI, évoque la disparition pure et simple des trafics rouliers à Marseille. "Je suis très pessimiste quant à l’avenir du roll. Nos clients dans l’automobile et l’informatique abandonnent le roll pour les conteneurs et passent désormais par les ports du nord", se désole le fondateur de Transcargo, qui songe même à délocaliser son activité à Barcelone. 

Autre organisation du transport routier à réagir ce 14 janvier, l’OTRE. Le syndicat exprime le ras-le-bol de la profession, en dénonçant les conséquences "mortifères" des mouvements sociaux "risquant de coûter l’emploi à des centaines de salariés". "Le gouvernement ne peut pas rester inerte face à une forme de sabotage de l’économie portuaire en général et du transport routier en particulier", dénonce l’OTRE, qui demande à être reçue par le Premier ministre.

Sur la première place portuaire française de transport de conteneurs, les transporteurs routiers, qui assurent 85 % des flux à l’importation comme à l’exportation, sont, depuis un mois, littéralement empêchés de travailler, supportant des surcoûts d’exploitation et des pertes colossales de chiffre d’affaires.

 

Auteur

  • Nathalie Bureau du Colombier

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