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Fabrice Accary, AUTF : “Il faut laisser au programme EVE la chance de montrer son efficacité, plutôt que des obligations réglementaires”

Interview | publié le : 07.04.2021 | Dernière Mise à jour : 06.04.2021

Fabrice Accary, directeur général de l’Association des utilisateurs de transport de fret.

Crédit photo AUTF

Le programme EVE, destiné à accompagner les entreprises pour la réduction de l’impact énergétique et environnemental dans leurs activités de transport et de logistique, risque d’être secoué par la décision du tribunal administratif de Paris du 9 mars dernier. Saisi en référé par l’agence TK’Blue, la justice a ordonné à l’Ademe d’organiser une mise en concurrence pour la plateforme d’échanges de données environnementales qui devait faciliter le partage d’informations entre transporteurs et chargeurs. Fabrice Accary, directeur général de l’AUTF, représentant les chargeurs dans ce programme, a répondu à nos questions.

L’Officiel des transporteurs : Le tribunal administratif de Paris a enjoint à l’Ademe de lancer un appel d’offre pour déployer la plateforme d’échanges de données prévue par le programme EVE 2. Ne craignez-vous pas que cela freine les actions que vous avez engagées dans le cadre de ce programme ?
Fabrice Accary : Dans le cadre du programme EVE 1, l’Ademe assurait la maîtrise d’ouvrage de la plateforme d’échange de données. L’Agence a fait appel à une maîtrise d’œuvre et développer la plateforme par une société informatique. À ma connaissance, ces prestataires ont été choisis en suivant les procédures de marché de l’Ademe. Pour EVE 2, l’Ademe a souhaité transférer la maîtrise d’œuvre et la responsabilité des développements complémentaires à l’un des porteurs associés. Dans tous les cas, l’Ademe reste propriétaire de la plateforme. Ce jugement ne remet pas en cause le programme EVE ni l’engagement des porteurs-associés ou financeurs.

L'OT : Le programme EVE a été reconduit jusqu’en 2023. Cependant, il est reproché aux organisations signataires de la première convention de ne pas avoir atteint les objectifs fixés. Que répondez-vous à cela ?
F.A. : Dans la première convention, signée en 2018, il était prévu d’économiser 1,2 million de tonnes de CO2. Le bilan du programme EVE 1 affiche 829 000 tonnes de CO2 économisés, par conséquent 75 % de l’objectif a été atteint. La première convention portait sur une durée de trois ans mais sa signature est intervenue avec dix mois de retard. Nous avons également été confrontés à deux mois de grèves et à dix mois de crise sanitaire. Du côté de l’AUTF, nous partions de zéro et devions nous organiser en matière de ressources humaines et d’acquisition d’outils techniques et de communication avant d’installer le dispositif Fret21. Les chargeurs ont malgré tout réalisé 25 % de l’objectif total de réduction de CO2 de l’ensemble du programme. S’agissant du volet sensibilisation des entreprises, nous avons quasiment atteint l’objectif global fixé. Le programme comporte plusieurs étapes : une fois sensibilisées par les organisations professionnelles, les entreprises qui souhaitent s’engager concrètement dans une démarche de réduction de leurs émissions sont alors prises en charge par la société Eco CO2, qui porte l’expertise technique du programme.

L'OT : Comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas plus de chargeurs participant au programme EVE alors que l’on assiste à une réglementation accrue en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre [GES] ?
F.A. : Nombre de chargeurs réalisent une partie de leur transport à l’étranger. Or le programme EVE ne s’applique que sur le territoire national. Les actions engagées à l’étranger ne peuvent donc pas bénéficier des certificats d’économie d’énergie (CEE). Par ailleurs, s’agissant de la réglementation, le bilan GES auquel sont soumises les entreprises de plus de 500 salariés ne prend pas en compte le scope 3 des émissions, soit les émissions émises lors du transport des produits achetés. Cependant, l’ambition de Fret21 est justement d’amener les entreprises à se préoccuper de la question du transport et surtout de se positionner en tant qu’accélérateur de transformation afin de conduire les transporteurs à réduire plus vite leurs émissions de CO2. Si l’on regarde le bilan d’EVE 1 de plus près, en moyenne, les chargeurs ont abaissé leurs émissions de 8,22 % sur trois ans. Ce qui représente une grande avancée.

> Lire l'intégralité de l'article dans l'Officiel des transporteurs n° 3061 du 2 avril 2021 (réservé aux abonnés)

Auteur

  • Samorya Wilson

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