Que ce soit en sa qualité de président du Conseil de développement du Grand Port maritime du Havre (GPMH) ou en tant que président du Syndicat des transitaires et commissionnaires en douane du Havre (STH), la parole de Jean-Louis Le Yondre est toujours très écoutée. En ce début d’année, le responsable a eu à plusieurs reprises l’occasion de s’exprimer sur un certain nombre de dossiers d’actualité. À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de vœux du STH tout d’abord, Jean-Louis Le Yondre s’est montré comme à l’accoutumée extrêmement pragmatique. Au chapitre des bonnes nouvelles, il a salué « la reprise économique, la pause dans les mouvements sociaux, la reprise des investissements et la reconnaissance de la France au niveau mondial… » Pour le président du STH, capter de nouveaux trafics reste une absolue priorité. Et il en profite pour pointer du doigt des dossiers qui tardent à se concrétiser. « Cela fait bien longtemps que nous n’avons pas connu un contexte aussi encourageant. Nous devrons œuvrer pour conforter ces éléments. Le port du Havre doit concrétiser définitivement la problématique des postes 11 et 12 de Port 2000 ainsi que la chatière. Sur ce dossier, nous avons pris quatre ans de retard. À l’heure de la reprise des trafics, cette situation pourrait être préjudiciable à la place havraise… » Autre problème épineux soulevé par Jean-Louis le Yondre, celui des rendez-vous sur les terminaux portuaires. La Soget avait développé un dispositif de prises de rendez-vous pour les transporteurs routiers sur les terminaux relayé par l’Union maritime et portuaire (Umep). L’idée du « Truck Appointment System » était de limiter le temps d’attente des camions et de réduire ainsi les engorgements sur les terminaux. Si, au plus fort des pics d’activité, le système n’a pas toujours tenu ses promesses, il avait au moins permis d’organiser les choses. Selon Jean-Louis Le Yondre, l’intérêt de la démarche n’a pas été compris. Après trois ans de fonctionnement, les fédérations de transporteurs routiers ont finalement tourné le dos au système qui s’est finalement arrêté fin 2017. Et c’est sur ce sujet que le président du STH devient offensif. « Nous avons appris qu’un certain nombre de fédérations de transporteurs ont pris des engagements avec des manutentionnaires ce qui laissent entrevoir des coûts de prise de rendez-vous plus importants que prévu. Il serait inadmissible que nous, clients des transporteurs routiers, assumions la prise en charge d’accords qui ne nous concernent pas. En aucun cas, nous ne supporterons ces coûts… » Un autre dossier inquiète Jean-Louis Le Yondre, celui de l’application du Code des douanes européen qui laisse craindre une délocalisation de certaines opérations douanières à compter de 2020. « Un certain nombre d’importateurs ou d’exportateurs, grands groupes, seront tentés de choisir des lieux où les charges sont nettement moins élevées qu’en France… »
Profession
Jean-Louis Le Yondre, offensif et constructif
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