Après une année 2016 parfois difficile pour certains ports, en tête desquels Rotterdam, l’année 2017 s’est achevée sur une note plutôt positive. L’économie mondiale semble être repartie. En Europe, en Chine, au Japon et aux États-Unis, le commerce a enregistré en 2017 les prémices d’une nouvelle croissance. Selon le Fonds monétaire international, les 120 pays qui représentent 75 % du commerce mondial ont enregistré une croissance de leur commerce. Une première sur la dernière décennie, note le FMI. Selon ses dernières estimations, « la production mondiale a progressé de 3,7 % en 2017, soit 0,1 point de plus que prévu à l’automne ». Une accélération de l’économie qui concerne avant tout l’Europe et le Japon.
Un constat global avec, malgré tout, quelques nuances selon les filières et les pays. En France, cette augmentation du commerce international s’est répercutée rapidement sur les trafics portuaires. Globalement, les ports français affichent des hausses de trafic. Dans le même temps, leurs concurrents ont aussi profité de cette reprise de l’économie. L’analyse détaillée des trafics montre des variations plus marquées. Ainsi, si les trafics conteneurisés ont bien tenu le cap, les céréales ont joué de malchance en raison d’une récolte 2016 déplorable qui a pesé sur la première partie de l’année 2017. Les moissons 2017 sont plus encourageantes mais, en décembre, de nombreux lots de céréales sont encore dans les silos en attente de voir les prix remonter.
Du côté des vracs liquides, la transition écologique semble faire ses premiers pas. Le pétrole brut n’est plus le moteur des grands ports. Le gaz n’a pas encore remplacé le pétrole comme carburant mais sa plus grande utilisation se répercute sur les bilans portuaires.
Toute la question repose désormais sur la pérennité de cette reprise de l’économie. Que fera le gouvernement chinois face à cette croissance? Aura-t-il une ambition de continuer la croissance ou de la limiter à certains niveaux? Et du côté américain, les velléités de protectionnisme du locataire de la Maison-Blanche inquiètent les marchés et les économistes. Plus globalement, « l’expansion cyclique offre une occasion idéale de procéder à des réformes. Tous les pays ont pour priorité de mettre en œuvre des réformes structurelles qui accroîtront la production potentielle et de mieux partager les bienfaits de la croissance », note le Fonds monétaire international dans ses dernières prévisions économiques. La croissance a été de retour en 2017 mais il faut se méfier des risques d’un retour de bâton, expliquent les différents analystes. Prudence est mère de sûreté.