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Compétitivité : le Premier ministre visite la logistique

L'Officiel des Transporteurs | Supply Chain | publié le : 17.09.2019 | Dernière Mise à jour : 18.09.2019

De compétitivité, il a été question tout au long de l'après-midi qui a vu Eric Hémar, dirigeant de ID Logistics et président de TLF, et Patrick Daher, président de Daher, remettre officiellement à Edouard Philippe leur rapport intitulé "Pour une chaîne logistique plus compétitive au service des entreprises et du développement durable".

Crédit photo S. B.

Edouard Philippe s’est rendu, lundi 16 septembre, à Aulnay-sous-Bois, dans les locaux d'une agence ID Logistics, groupe piloté par Eric Hémar, par ailleurs président de TLF et auteur, avec Patrick Daher, président du groupe Daher, d’une étude sur la compétitivité de la filière logistique française qui leur avait été commandée par le gouvernement en février. Le Premier ministre a fait à cette occasion un certain nombre d’annonces…

Pas anodine la visite du Premier ministre chez les professionnels du secteur de la logistique, lundi 16 septembre, dans l'agence ID Logistics d'Aulnay-sous-Bois. Certes, la logistique était davantage à l’honneur que le transport mais tout de même, cette visite est survenue au moment où la grogne des transporteurs est à son comble depuis l’annonce, en juillet, de mesures fiscales qui ne vont pas manquer de peser sur la compétitivité du secteur. De compétitivité, il a donc été question tout au long de cette après-midi qui a vu Eric Hémar, dirigeant de ID Logistics et président de TLF, et Patrick Daher, président de Daher, remettre officiellement à Edouard Philippe leur rapport intitulé "Pour une chaîne logistique plus compétitive au service des entreprises et du développement durable".

"Le barycentre français à la marge des grands flux"

"Beaucoup de rapports ont été commandés dans le passé, mais ils sont tombés aux oubliettes, a rappelé Patrick Daher au Premier ministre. Nous ne parviendrons pas à nous hisser parmi les champions de la logistique mondiale si ce rapport connaît le même sort que les précédents". Eric Hémar a emboîté le pas de son binôme en soulignant la mauvaise situation de la logistique française, classée au 15e rang mondial, "laquelle peut se dégrader". Le président de TLF a indiqué que "le barycentre français se trouve à la marge des grands flux". Le dirigeant a cité en exemple la réussite des logistiques allemande, néerlandaise et belge, championnes de la massification de leurs flux tant dans les ports que sur le ferroviaire et la route. "Dans le port du Havre – ville dont Edouard Philippe a été le maire, Ndlr – seulement 15 % des flux sont massifiés". 

Une des faiblesses du secteur, l'atomisation 

Les auteurs du rapport l’ont relevé : l’une des principales faiblesses de la logistique française réside dans l’atomisation de son organisation. C’est la raison pour laquelle ils préconisent la mise en place d’une plateforme France logistique "qui prendra en compte tous les éléments transverses". Elle rassemblera des logisticiens, des transporteurs et des chargeurs dans le but que la filière "parle d’une voix unifiée".

Éric Hémar et Patrick Daher ont également pointé du doigt la dispersion du nombre de leurs interlocuteurs au niveau de l’État, ce qui nuit à la prise de décision. Ils préconisent donc l’installation d’un comité exécutif de la logistique, qui tiendrait une réunion mensuelle et intégrerait des représentants de la Direction générale des entreprises (DGE) et de la DGITM (Direction générale des Infrastructures, des transports et de la mer). "Ce comité aura en charge d’animer les grands axes de développement avec les collectivités territoriales et servirait d’interface pour l'interministériel."

Un premier comité confirmé en 2020

Comme pour afficher l’engagement de son gouvernement quant à l’avenir qui sera réservé au rapport, Edouard Philippe a annoncé qu’il présiderait en personne le premier de ces comités interministériels, début 2020. "ll faut qu’on soit à la hauteur ", a-t-il indiqué. Le Premier ministre a annoncé son intention d’optimiser "le passage des frontières au moyen d’un point de contact unique pour l’ensemble des formalités". Les ports – ceux du Havre et de Dunkerque expérimenteront le dispositif en 2020 – en sont les premiers destinataires.

Edouard Philippe s’est également engagé sur une réforme de la fiscalité industrielle, en lien avec la fiscalité des entrepôts. "A propos de fiscalité, comme cela a été souligné, le sujet est moins le taux que l’incertitude sur l’assiette. Le vrai sujet d’incertitude est celui de la requalification de l’assiette. Là, il est vrai que nous devons clarifier rapidement (…). Sur les délais d’installation, vous voulez aller vite mais il faut respecter un certain nombre de règles (sécurité, impact environnementaux). Tout ne se vaut pas exactement : construire sur une friche ou en plein champs ne revient pas au même…", a t-il déclaré.

De transport, il a été peu question tout au long de cette après-midi d’échanges entre le Premier ministre et les professionnels présents. Aline Mesples (OTRE), Florence Berthelot (FNTR), et même Eric Hémar (TLF) ont préféré ne pas afficher une attitude béate à la conclusion des échanges. Ils ont, sans aucun doute, goûté la note d’humour d’Edouard Philippe lorsqu’il a déclaré vouloir "faire en sorte que le développement de la logistique française se fasse à l’endroit plutôt qu’à Anvers".

 

Les 6 mesures préconisées dans le rapport 

  •  Frontières : donner une dimension aux services de contrôle plus simple que ce qui existe; 
  •  Fiscalité immobilière : donner aux entreprises la capacité de se projeter dans l’avenir;
  • Délais de construction d’une agence de transport ou d’un entrepôt : trop longs par rapport à nos compétiteurs, les réduire;
  • Formation des équipes : être en mesure de définir les besoins d’emplois dans 5 ou 10 ans et de coordonner les différentes écoles de formation;
  • Transport routier : avoir toujours en vigilance le comparatif du coût d’une heure de travail entre un conducteur français et un conducteur étranger;
  • Flux d’informations : ne pas se laisser distancer par les pays voisins en termes de plateformes numériques.

 

Auteur

  • Slimane Boukezzoula

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