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Alexis Degouy délégué général de l’union TLF : “vouloir des transports propres passe d’abord par des camions propres !"

Interview | publié le : 17.03.2021 | Dernière Mise à jour : 17.03.2021

Alexis Degouy, délégué général de l’Union TLF.

Crédit photo Union TLF

Rencontre avec Alexis Degouy, délégué général de l’Union TLF, après le dépôt de plusieurs amendements au projet de loi "portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets", dite "loi climat", actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, à l’initiative des organisations professionnelles du transport routier de marchandises.

L’Officiel des Transporteurs : Vous avez publié un communiqué avec les autres organisations professionnelles du transport routier de marchandises  (TRM) pour dénoncer le non-sens écologique et économique des dispositions de la loi climat qui s’appliquent au secteur. Maintenant que la loi entre en discussion à l’Assemblée nationale, de quels leviers disposez-vous pour vous faire entendre ?

Alexis Degouy : Les deux principales dispositions de la loi climat qui dérangent le secteur du transport routier sont l’écotaxe prévue par l’article 32 et la fin du remboursement de la TICPE à horizon 2030 par l’article 30. Avant le dépôt de la loi, nous avons rencontré une centaine de parlementaires, un par un, pour expliquer nos métiers, les enjeux, le rôle des entreprises et la manière dont nous gérons les flux. Nous avons alors constaté que cette pédagogie n’allait pas de soi. Nous leur avons très concrètement expliqué que la route est actuellement le mode dominant du transport de marchandises et qu’il le restera pour diverses raisons, pas seulement économique, comme la flexibilité, la facilité d’usage, le respect des délais etc.

Il était important que les députés ne tombent pas dans la facilité en se contentant de dire qu’il faudrait taxer les camions sur les routes pour qu’il y en ait moins. Il fallait qu’ils se rendent compte que le secteur est stratégique, en matière d’emploi et surtout, en matière de ligne de vie de l’économie. Nous leur avons également signifié que les entreprises du secteur ont parfaitement conscience des enjeux du climat et qu’elles sont déjà en mouvement vers la transition énergétique. En fait, nous ne souhaitons pas construire un discours d’opposition de principe à la loi mais plutôt affirmer que nous sommes disposés à réaliser cette transition qui doit se poursuivre mais être reconsidérée au regard des contraintes existantes.

L'O.T.: Comment les parlementaires que vous avez rencontrés vous ont-ils écouté ?

A. D. : Je pense qu’ils ont entendu la voix des transporteurs, à travers leurs fédérations, qui ont adopté un discours très constructif et réaliste sur le calendrier de la transition énergétique. Ainsi, des députés ont déposé des amendements qui visent à revoir la trajectoire de mise en œuvre de la transition énergétique au regard de la réalité du marché des constructeurs dans les dix prochaines années et de l’état du réseau de déploiement des bornes d’avitaillement en énergies alternatives.

Ils prennent également en compte la conjecture économique et la possibilité pour les entreprises du TRM de dégager des capacités financières d’investissement massif. Certains parlementaires ont proposé de laisser l’itinéraire prévu de la transition sans la date couperet de 2030, mais plutôt avec une trajectoire fiscale réaliste qui colle au renouvellement du parc de poids lourds.

Des amendements prévoient aussi des clauses de revoyure, notamment en 2025, pour examiner le marché des constructeurs et le déploiement des bornes d’avitaillement. Nous espérons avoir fait bouger les lignes car nous avons démontré que ce n’est pas un manque de volonté de notre part mais que nous souhaitons que le calendrier soit réalisable. En effet, le gouvernement doit se rendre compte que l’ennemi de la transition énergétique c’est la précipitation et l’opposition entre les modes de transport.

L'O.T : Cependant, ne craignez-vous pas que les mesures de taxation passent d’autant plus facilement qu’elles sont réclamées par certaines parties prenantes comme les ONG environnementales et que l’image du TRM est décriée ?

A. D. : Nous disons aux responsables politiques qu’ils n’ont pas le droit de tomber dans la facilité et la démagogie. La France et les Français auront toujours besoin des camions pour assurer le flux des marchandises. On peut augmenter sensiblement la part du transport modal, du transport combiné, du fret ferroviaire ou fluvial mais même avec cette ambition, le camion resterait l’outil majoritaire des transports de marchandises dans notre pays.

À l’instar des propos de Jean-Baptiste Djebbari, le ministre des Transports, sur l’avion : "le monde que nous voulons, ce n’est pas un monde sans avions, c’est un monde neutre en émissions", nous invitons le gouvernement à déclarer que "le monde que nous voulons ce n’est pas un monde sans camions mais un monde avec des camions neutres en émissions, à terme". C’est notre leitmotiv ! Nous ne cessons d’expliquer à tous nos interlocuteurs que vouloir des transports propres passe d’abord par des camions propres.

Lire l'intégralité de l'article (accès réservé) dans L'Officiel des Transporteurs n°3058 du 12 mars 2021.

Auteur

  • Samorya Wilson

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