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Importateurs et transitaires au bord du krach maritime

Actu-Transport-Logistique.fr | Maritime | publié le : 10.02.2021 | Dernière Mise à jour : 10.02.2021

La contraction de 30 % de la flotte mondiale s’explique entre autres par l’application au 1er janvier par les armateurs, des règles de l’OMI sur la désulfuration des carburants.

Crédit photo CMA CGM

Les circuits d’approvisionnements flanchent depuis 2020. Les prix à la consommation pourraient grimper d’ici quelques semaines. Certains produits pourraient même disparaître des rayons. En cause ? La pénurie mondiale de conteneurs maritimes associée à la flambée des taux de fret. Chargeurs, importateurs, transitaires et logisticiens français poussent un véritable cri d’alarme. Ils se disent les otages d’un système totalement dérégulé qui s’emballe.

Pas de bateaux, pas de conteneurs et une économie mondiale qui repart de plus belle… En un an, l’importateur de luminaires français Batimex, a vu sa facture transport flamber de 1,5 million d'euros (M€) à 15 M€ pour acheminer 1 500 conteneurs de Chine vers Fos-sur-Mer. La marchandise n’a pas encore embarqué, faute de conteneurs et d’espaces sur les navires, que le fournisseur chinois réclame son paiement.

Le surcoût des stocks, évalué dans ce cas précis de 5 à 7 M€, entraîne une tension extrême sur la trésorerie des entreprises. Une partie étant assumée par les transitaires contraints de payer les armateurs au comptant. Au même moment, un autre industriel de la région parisienne habitué à recevoir sa marchandise en six semaines fulmine car les délais grimpent à 22 semaines. La grande distribution française infligerait même des amendes aux importateurs retardataires. 

Au cœur du typhon, les compagnies maritimes qui, selon nos sources, "gagneraient en dix jours ce qu’elles gagnent en une année…". Leurs surcharges dépassant parfois le prix du fret. La responsable transport du groupe de sous-vêtements masculin Eminence se dit être l’otage de ce système.  

8 835 dollars pour un 40 pieds 

La contraction de 30 % de la flotte mondiale s’explique entre autres par l’application au 1er janvier par les armateurs, des règles de l’OMI sur la désulfuration des carburants. Au même moment, le phénomène de stop and go affectait des usines du monde entier en raison de la crise sanitaire bouleversant les chaînes d’approvisionnements. "Les confinements qui ont généré de l’incertitude dans l’import/ export ont été suivies d’une reprise brutale des échanges notamment sur l’axe transpacifique qui a absorbé les capacités de conteneurs. Les ports américains sont congestionnés et les conteneurs éparpillés dans le monde. Le quatrième trimestre 2020 se caractérise par la chasse aux conteneurs secs, réfrigérés et high cube. Les bookings devenus impossibles en octobre, novembre", résume Camille Contamine. La juriste de TLF Overseas, déléguée aux Affaires maritimes, intervenait le 4 février 2021, lors d’un webinaire organisé par l’Apex sur le thème "Envolée des taux de fret et pénurie de conteneurs, quelles alternatives pour les entreprises ?"

Une tension exacerbée sur le transpacifique

Elle dénonce l’absence de réglementation des autorités européennes quand la Chine, les États-Unis, la Corée, l’Australie déploient des mécanismes pour atténuer ces effets. La tension exacerbée sur le transpacifique se déporte progressivement sur d’autres trades éclaboussant notamment les flux en Méditerranée"Au 31 janvier 2021, un Shanghai-Fos coûte 8 835 dollars pour un 40 pieds", s’alarme Thomas Assemat, directeur import de Bolloré Logistics au Havre.  

"Quand le transport représente 80 % du prix de la marchandise le système est en surchauffe. Certains chargeurs ont cessé de vendre leurs produits, faute d’assumer les charges financières", dénonce Jean-Yves Baeteman, gérant de Batimex. Le libéralisme à tout crin dans la ligne régulière maritime de conteneurs atteint un point de rupture qui risque d’avoir des conséquences sur les prix à la consommation, voire créer des carences de produits. "Une inflation pourrait survenir au cours des six prochains mois", redoute Jean-Yves Bateman qui réclame un encadrement des taux de fret

Auteur

  • Nathalie Bureau du Colombier

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