EuroCommerce : « Le détournement des navires de la mer Rouge a déjà impacté plus de 80 Md$ de marchandises »

Crédit photo ©EuroCommerce
Dans un courrier adressé au ministre belge des Affaires étrangères, l'organisation européenne représentant les intérêts du commerce de détail EuroCommerce appelle les institutions européennes à trouver une solution en mer rouge, estimant que la situation a déjà eu des « impacts massifs » sur les entreprises.

Eurocommerce, la principale organisation européenne représentant le secteur du commerce de détail et de gros (Ikea, Décathlon, Carrefour, Auchan, Amazon, El Corte Inglès, H&M, Aldi, Inditex, Tesco, Métro, Primark...) ainsi que 27 associations nationales (en France, Fédération du commerce et de la distribution ; Conseil du commerce de France), tire la sonnette d'alarme.

Dans un courrier adressé à Hadja Lahbib, la ministre belge des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération au développement, Christel Delberghe, la directrice générale de la fédération, qui parle au nom de 5 millions d'entreprises, appelle à une action coordonnée de la part des États membres de l'UE face à l'escalade des attaques contre les navires commerciaux en mer Rouge.

« Nos entreprises dépendent fortement du bon fonctionnement des routes commerciales maritimes. La mer Rouge, qui passe par le canal de Suez, achemine 12 % du commerce mondial, soit environ 1 000 milliards de dollars, y compris des articles essentiels pour l'économie européenne, l'activité industrielle et commerciale et la vie quotidienne », fait-elle valoir.

Plus de 80 Md$ de marchandises impactés

EuroCommerce estime que le réacheminement par le cap de Bonne-Espérance a déjà des conséquences importantes pour plus de 80 Md$ de marchandises, astreints à deux à trois semaines de retard.

« La réorientation des routes maritimes a provoqué la congestion des ports, des pénuries d'équipement et la montée en flèche des tarifs de transport maritime. Les autres options pour le transport des marchandises en provenance et à destination de l'Asie, telles que le fret aérien, ont des coûts considérables et des émissions de CO2 plus élevées », ajoute la porte-parole.

Les détaillants, qui s'approvisionnent auprès d'usines en Chine et en Asie du Sud-Est, ont dû faire face à des retards et à des augmentations de coûts, car l'itinéraire de transport alternatif autour de la pointe sud de l'Afrique prend deux à trois semaines de plus et se traduit par une augmentation des dépenses d'exploitation des navires et des primes d'assurance, qu'ils estiment subir en ricochet.

Planification des flux impossibles

Pour les commerçants, l'impact le plus important concerne l'incertitude et l'impossibilité de planifier les flux commerciaux (Lire à ce sujet : Mer rouge : les transporteurs taillent dans leurs services, les chargeurs ajustent leurs stocks).

« Plus les transporteurs sont obligés de dérouter, plus les entreprises et, en fin de compte, les consommateurs, souffriront de coûts supplémentaires qui viendront s'ajouter au coût de la vie déjà élevé en Europe », agite Christel Delberghe, la directrice générale de la fédération, reprenant des propos partagés ces dernières semaines, de façon individuelles, par certains de ses membres.

Relance de l'inflation

Ils craignent en effet que les nouvelles perturbations relancent l'inflation ou du moins, en retardent la résorption, à un moment où les consommateurs européen, au pouvoir d'achat de plus en plus étriqué, espèrent que l'étau se desserre.

Les détaillants seront peut-être rassurés. L'UE devrait lancer ce 19 février une mission visant à sécuriser le fret maritime.

Adeline Descamps

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