Menu
S'identifier

Présidentielle 2017 : la logistique ne passionne pas les candidats

Actu-Transport-Logistique.fr | Supply Chain | publié le : 15.03.2017

"Quelle feuille de route pour le prochain président de la République" : c'est le thème qui était choisi pour la conférence d'ouverture de la SITL 2017.

Crédit photo Adobe Stock

Poncifs, approximations... voire chaise vide ! Invités à présenter leur projet transport et logistique lors de la conférence d'ouverture de la SITL, les candidats à la présidentielle n'ont dans l'ensemble pas livré une prestation à la hauteur d'un public de professionnels.

Pas de vache, pas de grand public, pas de candidat... Si le salon de l'agriculture attire toujours les stars de la politique, à l'exception notable de Jean-Luc Mélenchon cette année, le secteur transport et logistique ne mérite pas tant d'égards, malgré les 1,6 million d'emplois qu'il représente. C'est par la voix de porte-parole que les principaux candidats à l'élection présidentielle ont honoré l'invitation de la SITL, qui organisait sa conférence d'ouverture le 13 mars sur le thème : "Quelle feuille de route pour le prochain président de la République".

L'écurie Hamon aux abonnés absents

Quatre candidats étaient représentés : François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. En revanche, pas de représentant de Benoît Hamon à l'horizon. L'écurie du candidat du parti socialiste n'a trouvé personne pour s'exprimer sur le transport et la logistique. Les experts du transport et de la logistique de ce camp auraient-ils tous rejoint Emmanuel Macron ? Indéniablement, le représentant du candidat du mouvement "En marche" est en tout cas, avec celui des Républicains, celui qui a délivré le discours le plus structuré.

Amélioration des infrastructures, transition écologique, lutte contre la concurrence déloyale : Louis Nègre, représentant de François Fillon, et Arnaud Leroy, représentant d'Emmanuel Macron, ont repris comme leurs homologues des autres partis ces thèmes généraux, mais en s'efforçant d'aller un peu au-delà des poncifs dans la vision ou les propositions. Quel que soit le candidat, il faut souligner toutefois que le chiffrage des programmes reste assez flou.

Mettre en œuvre le plan France Logistique 2025 

Le député socialiste Arnaud Leroy, auteur d'un rapport sur la proposition de loi pour l'économie bleue et par ailleurs fils de transporteur, s'inscrit dans une certaine continuité. "On n'a pas besoin de nouveaux états généraux ou de nouveaux rapports. Nous voulons avant tout mettre en œuvre le plan France Logistique 2025", a souligné le soutien d'Emmanuel Macron, en rendant au passage hommage au travail important réalisé selon lui dans le domaine logistique durant le quinquennat de François Hollande.

Arnaud Leroy avance un chiffre de 5 milliards d'investissements nécessaires pour les transports. Le député a notamment évoqué la question des livraisons urbaines pour souligner l'intérêt de s'inspirer des "villages fret" développés en Allemagne. "Des équipements logistiques situés à la périphérie des villes, à proximité de plates-formes qui permettent la multimodalité."

Un ministère de plein exercice

Louis Nègre, le représentant de François Fillon, a quant à lui d'abord insisté sur la gouvernance.  "Sur le plan institutionnel, il faut se donner quelques moyens : il faut un ministère de plein exercice qui s’intéresse aux transports, à la logistique et aux infrastructures". Bref, il s'agit de revenir grosso modo au périmètre qui existait jusqu'en 2007. Nicolas Sarkozy avait alors décidé de fondre les transports dans un grand ministère du Développement durable. Une approche quelque peu démagogique allègrement prolongée par son successeur socialiste en 2012.

François de Voyer, président du club Audace et soutien de Marine Le Pen, plaide lui pour deux structures : "un grand ministère de l’Aménagement du territoire, des Transports et de la Politique de la ville, et un autre ministère pour la Mer et de l’outre-mer".

Louis Nègre préconise par ailleurs "une loi de programmation financière et une loi de programmation des infrastructures pour 5 ans", pour que cette question fasse l'objet d'un débat au Parlement. Il faut consacrer 1% du PIB aux infrastructures, a précisé le sénateur des Alpes-Maritimes. TICPE, vignette, taxe carbone : "il n'y a pas d’autres solutions pour financer le développement", a enfin rappelé Louis Nègre.

Faire des ports des places de commerce

Concernant les ports, le représentant d'Emmanuel Macron, Arnaud Leroy, a appelé à transformer fondamentalement le modèle économique actuel des ports français qui repose selon lui sur une équation obsolète : import, raffinage sur place, vrac. "Il faut faire des places de commerce".

Arnaud Leroy s'est prononcé par ailleurs en faveur du Canal Seine-Nord, sous réserves "d'investissements concomitants dans les ports normands". À l'inverse, François de Voyer, soutien de Marine Le Pen, s'est dit dubitatif. "Il aurait fallu d’abord développer le port du Havre. Là, on prévoit une infrastructures qui servira les pays du nord de l'Europe."

Le ferroviaire passionne toujours les politiques

Sur le ferroviaire, enfin, le député Arnaud Leroy s'est montré fort discret. "Emmanuel Macron fera des annonces fortes sur ce sujet lors du colloque TDIE du 22 mars", a t-il déclaré. Élément quasiment constitutif du roman national, ce secteur spécifique des transports mérite manifestement plus d'attention que le transport de marchandises et la logistique...

Laurent Courtois, représentant de Jean-Luc Mélenchon et par ailleurs cheminot, s'est montré plus disert sur le sujet. Au nom de la transition écologique, il annonce "un grand plan de ferroutage". Avec quel financement ? "Evidemment, il faut une taxe carbone. Et on ajoutera une taxe kilométrique pour la traversée du pays au niveau du transport routier", a indiqué Laurent Courtois, en évoquant aussi une renationalisation des autoroutes.

Rendez-vous le 7 mai pour connaître le nom de celui qui présidera pour 5 ans aux destinées de la France et quelques jours après pour connaître le sort réservé aux transports et à la logistique dans les instances ministérielles...

Auteur

  • Anne Kerriou

Les plus lus

Div qui contient le message d'alerte

Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire

Mot de passe oublié

Déjà abonné ? Créez vos identifiants

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ? Remplissez les informations et un courriel vous sera envoyé.

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format