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Sante Carletti, transporteur italien : "Il faut profiter de la crise pour remettre le monde du transport à plat"

Actu-Transport-Logistique.fr | Routier | publié le : 18.05.2020 | Dernière Mise à jour : 26.05.2020

junction motorway with truck and italian traffic signal

Au niveau global, le volume de transactions des transporteurs a baissé de 70 % en raison de la baisse importante de la demande et de l’offre.

Crédit photo Adobe Stock

Frappés de plein fouet par les retombées économiques de la crise sanitaire du SARS-CoV-2, les transporteurs italiens songent à l’avenir avec inquiétude. Plusieurs associations de professionnels ont d’ailleurs déjà tiré la sonnette d’alarme en évoquant le risque de la faillite pour les sociétés les plus fragilisées. Décryptage avec Sante Carletti, patron de deux petites entreprises de transport implantées à Recanati dans les Marches (centre). 

Actu-transport-logistique.fr : Quel bilan tirez-vous aujourd’hui de la situation des transporteurs ? 
Sante Carletti : Nous avons une flotte de 17 poids lourds de 44 tonnes et 10 chauffeurs à temps plein. Nous sommes spécialisés dans le transport industriel. Avant l’émergence sanitaire, le transport routier était déjà fragilisé car le secteur n’est pas suffisamment encadré. Le terrain était par conséquent fertile et dans ce contexte, l’épidémie risque de provoquer un effondrement. Au niveau global, le volume de transactions des transporteurs a baissé de 70 % en raison de la baisse importante de la demande et de l’offre. Lorsque les premiers cas de contaminations ont été détectés, l’impact sur notre volume d’activités n’a pas été immédiat. Avec l’adoption du confinement à l’échelle nationale le 9 mars dernier et la fermeture des activités productives, de nombreuses entreprises ont dû éteindre leurs moteurs. Il aurait fallu intervenir dès le départ, avant l’explosion de l’épidémie, en testant la population pour bloquer la contamination qui a impacté l’économie. 

Actu-TL : Le transport est-il inclus dans la liste des entreprises en difficultés que l’Etat a promis d’aider ? 
S. C. :
Malgré les promesses, pour le moment nous n’avons pas reçu un centime. Pour limiter la casse, nous avons dû intervenir au niveau de la masse salariale en plaçant d’abord une partie des employés au chômage technique partiel. Mais si la caisse de chômage a bien établi les droits aux indemnités, en revanche elle n’a pas encore pris les salariés en charge. J’ai aussi demandé à une partie de mes salariés d’utiliser leurs jours de congé payés non pris. J’ai dû réduire la cadence mais je ne veux pas, pour autant, mettre mes employés sur la paille. La performance d’une entreprise se construit grâce aux hommes qu’elle emploie, avec, toujours, une dimension humaine que l’on ne doit pas oublier. Surtout en période de crise. 

Je suis très pessimiste. Si l’argent ne circule pas, le marché ne peut pas se débloquer.

Actu-TL : Les indicateurs sur la contamination étant satisfaisants, les moteurs de l’économie italienne devraient recommencer à tourner quasiment à plein régime à partir du 18 mai prochain. Comment envisagez-vous l’avenir ? 
S. C. : Je suis très pessimiste. Si l’argent ne circule pas, le marché de l’offre et de la demande ne peut pas se débloquer. La situation du transport routier risque d’être critique, la profession comptant une forte proportion de petites entreprises extrêmement fragiles pour des questions de trésorerie, mais également à cause également du manque d’encadrement de la profession. Les usines ont été rouvertes le 4 mai dernier, mais aucune commande n’a été faite. Pire encore, les commandes du mois de mars ont été repoussées à août prochain. 

Actu-TL : Comment l’Etat doit-il intervenir pour aider les transporteurs ? 
S. C. : Partons du principe que la crise va perdurer. Il est certain que l’Etat doit intervenir sur le plan économique en dégageant des aides mais sans tomber dans l’assistanat qui ne résout jamais les situations. Il faudrait plutôt profiter de cette période de crise sanitaire pour remettre le secteur à plat. Je pense par exemple à des interventions ciblées pour régulariser le marché en luttant contre l’évasion fiscale, le travail au noir, la concurrence déloyale, qui nous poussent à baisser nos prix et nous affaiblissent, la délocalisation de complaisance, la bureaucratie excessive. Sans politiques ciblées, les transporteurs ne pourront pas participer au redémarrage de l’économie.

Auteur

  • Propos recueillis par Ariel F. Dumont

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