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Route Centre Europe Atlantique : l’État repousse les critiques de la Cour des Comptes

L'Officiel des Transporteurs | Routier | publié le : 30.05.2018 | Dernière Mise à jour : 30.05.2018

Les retards tiennent essentiellement à la priorité donnée à l’A89 et à l’amoncellement de projets locaux qui ont morcelé le projet dans son ensemble.

Crédit photo Cour des comptes

Nicolas Hulot et Elisabeth Borne ont répondu au référé de la Cour des Comptes du 16 mars qui pointe les retards pris dans le projet d'aménagement de la Route Centre Europe Atlantique (RCEA). Sur cet axe, qui relie Royan à Mâcon, la sécurité est préoccupante. L’Etat se défend de ne pas avoir fait le nécessaire.

C’est seulement le 16 mai que Nicolas Hulot et Elisabeth Borne ont répondu au référé du président de la Cour des Comptes, du 16 mars, sur les retards pris par la Route Centre Europe Atlantique (RCEA) qui relie Royan à Mâcon. Si le texte de la Cour pointe les retards et les incohérences dans les décisions de l’Etat sur ce projet d’infrastructure, dont la sécurité est devenue la vraie raison d’être, l’Etat se défend de ne pas avoir fait le nécessaire.

Concrètement, les magistrats rappelaient dans leur document que, fin janvier 2018, le Comité d’orientation des infrastructures avait estimé que "les enjeux de sécurité et de circulation de poids lourds rencontrés sur cet axe justifi(ai)ent pleinement son aménagement à deux fois deux voies dans les meilleurs délais». Mais ils ont trouvé que, "en dépit de cette priorité continûment affirmée par les pouvoirs publics depuis trente-cinq ans, l’aménagement de la RCEA est encore loin d’être terminé". Sur les 630 km concernés, 400 ont été aménagés avec un doublement des voies.

Un calendrier qui ne rime pas avec l’urgence

Les retards tiennent essentiellement à la priorité donnée à l’A89 et à l’amoncellement de projets locaux qui ont morcelé le projet dans son ensemble. Avec, comme fâcheuse conséquence, l’augmentation du trafic de poids lourds, voulant éviter l’A89 et ses dénivelés coûteux en carburant, sur l’axe le moins réaménagé – la section Est, de Montmarault à Chalon-sur-Saône et à Mâcon –, pour un total de 40 km. Ce qui rend justement cette route notoirement dangereuse et très accidentogène.

Paradoxalement, le "projet d’accélération" prévu pour cette partie Est s’est finalement soldé par un ralentissement, selon les magistrats, car il faudra attendre jusqu’en 2021 pour rattraper le retard pris par rapport aux évolutions connues dans les décennies précédentes. De plus, trois phases de travaux sont prévues pour le tracé en Saône-et-Loire. La date la plus lointaine connue à ce jour, 2024, est celle de la deuxième phase alors qu’aucun calendrier n’a été fixé pour la troisième. En revanche, le budget estimé est de 633 M€.

Définir les tronçons prioritaires

Le projet figure aussi dans la conclusion du Conseil d’orientation des infrastructures, mis en place dans le cadre des Assises de la Mobilité. Celui-ci prévoyait 2030 comme dernier délai. En conclusion du référé, le président de la Cour recommande à la DGITM d’actualiser l’évaluation socio-économique de l’aménagement de la RCEA en Saône-et-Loire pour redonner au chantier la priorité qu’il mérite.

Les ministres Hulot et Borne ont cosigné une réponse dans laquelle ils réfutent cette recommandation au motif que, d’une part, elle ne concernerait que les deux branches de l’ouvrage en Saône-et-Loire. D’ailleurs, ils soulignent les coûts importants qu’une nouvelle étude – préalable aux enquête d’utilité publique – impliquerait, sachant que les déclarations d’utilité publique sont encore valables. Cependant, notent les ministres, une actualisation du diagnostic de sécurité de la RCEA est prévue pour la mi-2019 pour définir ensuite les tronçons prioritaires à réaménager.

Pour le ministère, la conscience des priorités pour cet axe est acquise et pour le tracé de Saône-et-Loire, la négociation avec les collectivités pour la deuxième phase du programme de travaux sur la période 2020-2025/6 va bientôt commencer. Dans le cadre du fameux "plan d’accélération". L’État finance déjà 152 M€ sur 184 M€.

Auteur

  • Silvia Le Goff

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