Patrick Blaise, CFDT Transports : "Les conditions se sont améliorées mais elles ne sont pas parfaites"

Patrick Blaise, secrétaire général de la CFDT Transports.

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Conditions de travail des conducteurs, droit de retrait individuel, guide de bonnes pratiques... Dans ce contexte de crise sanitaire, Patrick Blaise, secrétaire général de la CFDT Transports, évoque la position du syndicat concernant la situation des salariés de la branche.

L’Officiel des transporteurs : Selon vous, la situation pour les conducteurs s’est-elle améliorée depuis les premières mesures de confinement ?

Patrick Blaise : Pendant trois semaines, nous sommes intervenus auprès du ministère des Transports et de la DGITM (Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer) parce que les conditions de travail des conducteurs routiers étaient inacceptables. Aujourd’hui, on peut considérer qu’elles se sont améliorées, même si elles ne sont pas parfaites. Nous avions demandé l’arrêt du transport à l’international, avec échanges de remorques aux frontières, mais cela n’a pas encore été pris en compte. Des conducteurs sont toujours envoyés dans des pays comme le Royaume-Uni, où leur protection n’est pas assurée. Nous prêtons par ailleurs attention à la rémunération du chômage partiel, notamment à la prise en compte des heures d’équivalence, comme nous l’avions demandé.

L'OT : Avec FO UNCP et FGT CFTC, vous aviez demandé aux salariés qui "ne disposent pas de moyens de protection", et qui ne bénéficient pas de "conditions de travail décentes", d’exercer leur droit de retrait pour transport de marchandises non essentielles à compter du 30 mars. Qu’en est-il aujourd’hui ?

P. B. : Nous avons répondu à une crainte de nombreux salariés qui allaient travailler avec la peur au ventre, sans aucune protection pour certains. Quelque 30 % des salariés du secteur sont en arrêt de travail, soit pour maladie, soit pour garde d’enfants, mais aussi pour certains via le droit de retrait. Nous verrons si la justice nous donne raison. Nous n’appelons pas au droit de retrait collectif, uniquement individuel, pour les salariés qui ne bénéficient pas de protection. Nous demandons par ailleurs l’arrêt de toutes les activités qui ne sont pas essentielles pendant quinze jours, de manière à ce que le travail puisse reprendre normalement. Peut-être que si nous avions été écoutés dès le début, nous aurions actuellement davantage de masques, plus de moyens de protection.

L'OT : Où en sont les discussions sur la rédaction d’un guide de bonnes pratiques en transport et logistique ?

P. B. : Nous y œuvrons encore car certains points n’ont pas abouti. Nous considérons notamment que les conducteurs ne devraient plus avoir à faire le chargement/déchargement. La position des chargeurs à ce sujet n’est pas acceptable et est toujours source de blocage. Nous avions demandé à ce que les conducteurs n’effectuent plus les chargements/déchargements dans les dépôts. Cette demande n’a pas été prise en compte par les chargeurs, malgré un décret. Autre point, lorsqu’un salarié est contaminé, nous souhaiterions que les salariés qui l’ont côtoyé cessent leur travail, au minimum pendant quinze jours. Nous demandons aussi à ce qu’une contamination des salariés au coronavirus soit considérée comme un accident du travail, tout comme d’autres personnes en première ligne, les soignants.

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