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Le coronavirus ne devrait pas annuler le Green Deal européen

Actu-Transport-Logistique.fr | Routier | publié le : 02.04.2020 | Dernière Mise à jour : 03.04.2020

Bien que maintenu, le Green Deal verra toutefois sa mise en application repoussée de plusieurs semaines

Crédit photo DR

De nombreux pays d’Europe centrale souhaitent annuler le Green Deal européen qui vise à la neutralité climatique en 2050. La Commission européenne entend maintenir ce plan à 1 000 milliards d’euros sur 10 ans malgré la crise sanitaire.

L’environnement peut-il attendre que la crise du coronavirus soit résolue ? La semaine dernière, la République tchèque et la Pologne ont souhaité que l’Europe repousse son Green Deal, dont le coût annoncé de 1 000 milliards d’euros sur dix ans, risque de peser encore plus sur les finances des pays membres en cette période de crise. Le Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, a ainsi conseillé aux États membres de concentrer toutes leurs ressources pour lutter contre le Covid-19 et assurer la sauvegarde de leurs entreprises. "L'Europe devrait maintenant oublier le Green Deal et se concentrer sur le coronavirus", a-t-il déclaré la semaine dernière. Un avis d’autant plus motivé que la République tchèque, comme de nombreux pays d’Europe centrale, compte une industrie minière florissante qui sera mise à mal par l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050.

La proposition de M. Babiš a toutefois été rejetée. "Comme nous l'avons indiqué lors de la présentation du Green Deal, à long terme, le coût de l’inaction sera plus élevé que le coût de l'action – que ce soit en termes économiques, sanitaires ou écologiques. Et le fait d’avoir inscrit cet objectif climatique sous forme législative permettra justement d’éviter qu’il soit remis en cause par des problèmes plus immédiats", a rétorqué un porte-parole de la Commission européenne. Une réponse approuvée par Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne chargé du Green Deal.

Opportunité unique ou vœu pieux ?

Bien que maintenu, le Green Deal verra toutefois sa mise en application repoussée de plusieurs semaines, rapporte le média Euractiv : avec un retard à l’allumage, Bruxelles semble heureusement accorder la priorité de ses moyens à la gestion de la crise du coronavirus. Mais la résolution de l’urgence sanitaire ne pourra s’effectuer au détriment de l’urgence écologique, a rappelé le 19 mars le secrétaire général de l'ONU, António Guterres : "lors de la gestion de cette crise, nous avons une opportunité unique d’orienter la reprise vers une voie plus durable et inclusive", a-t-il indiqué. Un vœu pieu qui se heurtera toutefois à de nombreuses contraintes économiques.

Prêt à payer plus cher après la crise ?

Dans une économie en berne, quelle municipalité, quel chargeur, quel transporteur sera prêt à payer plus cher pour des véhicules moins polluants ? Nul doute que les transporteurs routiers, qui assurent – dans tous les sens du terme – le bon fonctionnement de l’économie, sauront monter au créneau pour rappeler que ce sont des camions en grande majorité Diesel qui ont permis à la France de fonctionner quand plus rien ne marchait.

Auteur

  • Grégoire Hamon

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