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Geodis : "Cette crise remet en cause en profondeur et durablement les méthodes de travail"

L'Officiel des Transporteurs | Routier | publié le : 01.06.2020 | Dernière Mise à jour : 01.06.2020

Marie-Christine Lombard, la présidente du groupe Geodis.

Crédit photo Geodis

Grâce aux alertes adressées dès janvier par les dirigeants de ses filiales asiatiques, Geodis a pu se mettre très tôt en mode "crise coronavirus". Marie-Christine Lombard, la présidente du groupe, estime que cette crise va bousculer l’organisation du travail, accélérer le phénomène des relocalisations industrielles et remettre en question la doctrine des flux tendus au profit d’un retour aux stocks tampons.

L’Officiel des transporteurs : quelle perception avez-vous de cet événement inédit ?
Marie-Christine Lombard :
Sans prétention aucune, nous nous attendions à ce que l’épidémie du Covid-19 en Asie arrive en Europe, ce qui nous a d’ailleurs permis de nous y préparer. Dès janvier, notre patron de la zone Asie-Pacifique nous a en effet alertés de la menace. Rentrant de Chine à Singapour, il s’est alors retrouvé mis en quatorzaine, prenant conscience de la gravité de la situation.

Ayant lui-même vécu l’épidémie de Sras qui avait touché la zone, il a réagi immédiatement par la mise en place d’un plan de continuité de l’activité intégrant un dispositif de protection sanitaire conséquent. Dans l’urgence, il a commandé des masques, des gants, du gel hydroalcoolique pour tous les salariés de la zone, la sécurité sanitaire des collaborateurs étant notre priorité.

Cette région est essentielle pour nous puisqu’elle représente 13 % du chiffre d’affaires du groupe. Et, chaque jour, nous apprenions la fermeture d’usines chinoises, avec un effet domino dont les conséquences sur les importateurs américains et européens ne se sont pas fait attendre. Dans l’incapacité d’être fournies en pièces détachées et en composants essentiels pour leurs propres produits, les usines européennes allaient très rapidement être touchées.

L'O.T. : Du coup, comment le groupe a-t-il rebondi, fort de ces alertes ?
M.C. L. :
Dès février, nous avons pu ressentir l’impact de la crise en termes d’activité et le besoin d’un pilotage au niveau du groupe. J’ai demandé au DRH de l’entreprise de mettre en place une "task force coronavirus" à même de se réunir chaque semaine avec toutes les régions et toutes les lignes de métier de Geodis. L’objectif était de se doter d’une tour de contrôle nous permettant d’apprendre de l’Asie, d’échanger sur les bonnes pratiques, d’actualiser les plans de continuité d’activité pour anticiper l’arrivée certaine du virus en Europe et partout dans le monde.

Dès le 6 février, l’ensemble des collaborateurs du groupe avaient été sensibilisés aux mesures barrières et les voyages intercontinentaux ont été interdits. De même, les procédures de quatorzaine et toutes les mesures gouvernementales ont été mises en place. Très tôt, nous avons ressenti une inquiétude forte de nos salariés que les informations officielles ne suffisaient pas à rassurer.

Nous avons donc mis en place une hotline avec un prestataire extérieur spécialisé partout où Geodis est implanté pour répondre à leurs questions. Ce besoin de soutien a guidé toute notre approche managériale pendant la crise. Au moment de l’annonce du confinement en France, nous étions déjà prêts à mettre les collaborateurs en télétravail.

L'O.T.: Que remet en question, selon vous, cet événement sur l’organisation de notre économie mondialisée ? Certains économistes estiment que cette crise pose la question des flux tendus, du zéro stock…
M.C. L.
: Avant l’impact sur l’organisation de nos économies, je crois qu’il faut parler d’une nouvelle organisation du travail. Cette crise remet en cause en profondeur et durablement les méthodes de travail, dans les sites comme dans les bureaux. Les normes sanitaires d’hygiène et de sécurité ont été renforcées.

Elles vont générer des coûts supplémentaires pour les acteurs du transport et de la logistique, en matériel de protection – rien que pour notre groupe, nous avons estimé notre besoin à 20 millions de masques par an – mais également en perte de productivité du fait de la mise en place de la distanciation sociale. Cela va nous contraindre à trouver de nouveaux leviers d’économie ou à réviser nos prix de vente.

Lire l'intégralité de  l'interview dans L'Officiel des Transporteurs n°3022 du 22 mai 2020.

Auteur

  • Slimane Boukezzoula

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