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Interview

Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion : "L'entreprise n'est pas un lieu à fort risque de contamination"

Actu-Transport-Logistique.fr | Routier | publié le : 27.10.2020 | Dernière Mise à jour : 27.10.2020

Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion.

Crédit photo Stéphanie Trouvé

Nouveau protocole sanitaire, activité partielle de longue durée, mobilisation des dispositifs de formation… À l’occasion du n° 1 500 d’Entreprise & Carrières, Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, nous a accordé un entretien exclusif dans lequel elle évoque les nombreux dossiers sociaux à l’agenda, en cette période de rebond de la pandémie.

La pandémie prend de la vigueur. Selon les chiffres dont vous disposez, le travail est-il un lieu à fort risque de contamination ?
Élisabeth Borne :
Le travail n’est pas un lieu à fort risque de contamination à la Covid-19. Les derniers chiffres de Santé publique France le confirment, il n’y a actuellement que 248 clusters actifs en entreprise, ce qui représente au total 7 756 cas de contamination, c’est-à-dire 1,3  % des contaminations totales en France. Ce sont des situations très particulières, comme dans les abattoirs par exemple, ce qui nous a menés à demander des mesures renforcées. C’est également le cas dans les lieux où il y a des hébergements collectifs, pour les saisonniers agricoles. Le protocole sanitaire a été renforcé cet été, à la suite du rapport du Haut Conseil de la santé publique qui recommandait le port du masque dans les espaces clos et partagés. Cette recommandation a été immédiatement transcrite dans le protocole qui s’applique depuis le 1er septembre. Quand on respecte le protocole, que l’on applique les gestes barrières et que l’on porte le masque dans les espaces partagés, il n’y a pas de chaînes de contamination. Les salariés peuvent être rassurés sur le fait que l’on sait assurer leur santé et leur sécurité au travail. Ce protocole est non seulement efficace mais il est aussi bien appliqué puisque sur 52 000 interventions en entreprise de l’inspection du travail, il n’y a eu qu’un peu plus de 300 mises en demeure.

Cette reprise de l’épidémie rend-elle plus que jamais nécessaire la conclusion d’un accord national interprofessionnel sur le télétravail ?
E.B. :
Cette reprise de l’épidémie nous amène à renforcer la recommandation sur le télétravail. C’est le sens de la modification du protocole sanitaire qui s’applique depuis le 19 octobre. Le télétravail est une pratique recommandée depuis le déconfinement, mais nous demandons désormais aux entreprises, en particulier dans les zones soumises à un couvre-feu, de définir un nombre minimal de jours de télétravail pour les postes qui sont télétravaillables. La négociation interprofessionnelle en cours est importante. Elle ne se cantonne pas au télétravail en temps de crise. Une réunion prévue le 3 novembre permettra de poursuivre les discussions et de donner des repères à partir de retours d’expériences des entreprises. Un certain nombre de pratiques intéressantes méritent d’être diffusées. Il serait utile de disposer d’un guide pour les négociations dans les entreprises ou dans les branches.

Cet accord pourrait-il n’être "ni normatif ni prescriptif" comme le souhaite le Medef ?
E.B. :
L’État laisse les partenaires sociaux négocier, sans interférer. Je sais qu’ils sont en train de s’entendre pour donner des repères pour le télétravail, par exemple sur la nécessité d’avoir un double volontariat de l’entreprise et du salarié, sur la réversibilité du télétravail, sur la façon dont on peut exercer un droit à la déconnexion pour séparer la vie privée de la vie professionnelle. Et je crois que les partenaires sociaux partagent l’idée qu’il faut tenir compte de la situation dans chaque entreprise. J’ajouterais que le recours au télétravail a progressé de façon très rapide. Avant la crise, nous comptions 5 % de salariés en télétravail. Selon une étude lancée par le ministère du Travail mi-octobre, 51 % des salariés indiquent que leur entreprise encourage le télétravail. La moitié des salariés dans les zones d’alerte maximale avait été en télétravail partiel la semaine précédant l’enquête, dont 60 % deux à trois jours par semaine, ce qui correspond à la norme que va appliquer l’État employeur pour ses postes télétravaillables. Les mentalités ont évolué et les chefs d’entreprise ont bien conscience de l’intérêt du télétravail.

> Lire la suite de l'article sur le site InfoSocialRH.

Auteur

  • Propos recueillis par J.-P. Coulange et B. d’Alguerre

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