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Dans quelle poche piocher pour entretenir le réseau routier ?

L'Officiel des Transporteurs | Routier | publié le : 09.02.2017

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Le 8 février, la commission de l'aménagement du territoire et du développement organisait au Sénat une table ronde sur l’état des infrastructures routières et autoroutières

Crédit photo CarineSai

Alors que la Cour des Comptes pointe du doigt le coûteux abandon de l’écotaxe dans son rapport annuel 2017, plusieurs sénateurs s’interrogent sur l’état de dégradation des infrastructures routières et autoroutières.

À chacun son cheval de bataille. Les uns ont milité pour le retrait et l’abandon de l’écotaxe poids lourd, les autres se demandent comment alimenter les caisses de l’Agence de financement des infrastructures de France (Afitf) puisque celles de l’État sont vides. Sans écotaxe, c’est un manque à gagner de près de 10 md€ sur 10 ans.

Le 8 février, la commission de l'aménagement du territoire et du développement organisait au Sénat une table ronde sur l’état des infrastructures routières et autoroutières.

Le constat est unanime : l’état des routes françaises se dégrade, mais surtout les budgets alloués à l’entretien des infrastructures routières baissent depuis plusieurs années, ce qui ne risque pas d’améliorer leur entretien. 


La Cour des Comptes vient de pointer du doigt dans son rapport annuel 2017 la gestion désastreusement coûteuse de l’abandon de l’écotaxe qui se chiffre à 958 M€ pour l’État rien qu’en indemnisations. Comment désormais obtenir des ressources nécessaires pour le financement de l’Afitf ? La question reste entière.

Les efforts consentis ne suffisent pas

Parmi les invités de la table ronde, Christine Bouchet. La directrice des infrastructures de transport du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a défendu les 400 opérations menées en 2015-2016 et les 120 M€ de budget supplémentaire pour la régénération du réseau routier national. Selon elle, "les efforts consentis les deux dernières années ne suffisent pas. Il convient de poursuivre les améliorations avec une stratégie d’entretien nécessaire".

Grâce à la création de l’Observatoire national de la route (ONR) en janvier 2016 et piloté par l’IDRRIM (Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité), qui réunit les gestionnaires routiers, Etat et collectivités, et les professions routières, il est possible de réaliser des analyses précises et d’anticiper les besoins. Christine Bouchet encourage "l’approche par itinéraire" et une optimisation des dépenses via des techniques routières nouvelles, comme les enrobés minces sur les chaussées.

Une redevance devra voir le jour

Pierre Calvin, directeur prospective chez Colas et représentant de l’Union des syndicats de l’industrie routière française (USIRF), a rappelé que 80 % des marchandises transitent par la route qui reste avant tout un "support des mobilités, disponible 24h/24, 7jours/7". "1 € non investi aujourd’hui c’est 10 € à investir dans 10 ans pour obtenir un même résultat", alerte-t-il. Il s’inquiète de la baisse des moyens et du nombre de salariés de la route, parallèlement au réseau en dégradation. Ce serait un pont qui ferme par jour actuellement faute d’entretien ou de crédit. "On court à la catastrophe", lâche-t-il. Sans écotaxe, c’est un financement des infrastructures qui disparaît.

Pierre Chasseray, délégué général de l’association "40 millions d’automobilistes", partage ce même avis à une nuance près : "éco et taxe, il y a un problème de sémantique. Comment vouliez-vous faire accepter une redevance avec un tel nom ?". Pour ce dernier, pas de doute, à l’avenir une redevance devra voir le jour. En tant que défenseur des usagers de la route, il accuse les dégradations des infrastructures routières d’être accidentogènes. Les statistiques pourtant avancent plutôt des causes liées à la somnolence, l’alcoolémie et les stupéfiants.

Une dernière observation laisse à réfléchir : il existe un écart de 50 % dans la distance de freinage entre un revêtement usé et un revêtement neuf. L’usure peut aggraver un accident mais qui peut empêcher ce phénomène ? Faute de moyens, les élus n’ont que peu de choix.

Auteur

  • Carine Sai

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