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Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique : "L’objectif de l’écotaxe n’est pas de mettre les transporteurs dans une impasse"

L'Officiel des Transporteurs | Routier | publié le : 29.10.2021 | Dernière Mise à jour : 29.10.2021

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique.

Crédit photo DR

La loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant la lutte contre le dérèglement climatique et le renforcement de la résilience face à ses effets, dite "loi climat", a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030, notamment en prenant en compte certaines des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Une bonne partie du texte est consacrée à la transition écologique du transport de marchandises. Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique nous a accordé un entretien exceptionnel pour expliquer les enjeux du texte qui inquiète le secteur.

L'Officiel des Transporteurs : L’écotaxe régionale prévue par la loi climat (art.137) suscite la colère des entreprises du secteur, en grande majorité des PME qui réalisent de faibles marges et qui sont déjà soumises à diverses taxations. Que leur répondez-vous? 

Barbara Pompili : Soyons clairs : la décision de mettre en place cette contribution est à la main des Régions pour justement garantir, en cas d’application, un dispositif concerté et adapté aux enjeux des territoires. L’objectif n’est pas de mettre les entreprises du transport routier dans une impasse : elles sont vitales pour notre économie, pour notre vie quotidienne. Mais, face à la menace du dérèglement climatique, tous les secteurs doivent engager leur décarbonation et contribuer à la transition écologique. Nous soutenons aussi cette dynamique en aidant à l’acquisition de véhicules à carburants alternatifs, électriques ou à hydrogène.
 

L'O.T. : Certes des dérogations pourront être mises en place en fonction de la performance environnementale des véhicules (art.134), mais comment accélérer le renouvellement des parcs d’ici le 1er janvier 2024 et booster les infrastructures d’avitaillement? 
B.P. :
L’État investit fortement pour aider les entreprises du transport routier à décarboner leurs flottes. Tout d’abord, le dispositif de suramortissement, qui a été prolongé jusqu’à fin 2030, permet d’aider fiscalement les transporteurs qui font le choix d’un véhicule à énergie alternative au gazole. Il peut représenter jusqu’à 17 % de la valeur du véhicule. Ensuite, dans le cadre du plan de relance, une enveloppe de 100 millions d’euros est consacrée au soutien à l’acquisition de véhicules lourds électriques ou à hydrogène. Le montant de ce bonus véhicules lourds représente 40 % du coût d’acquisition du véhicule, dans la limite de 50 000 € pour un poids lourd.

Ce sont des aides conséquentes et j’invite les entreprises du secteur à s’en saisir. Pour s’engager plus volontairement dans le verdissement de leur flotte, les transporteurs ont également besoin de visibilité sur l’offre des constructeurs, le développement des réseaux d’avitaillement et le coût total de possession des véhicules selon l’énergie utilisée.

Afin de répondre à ce besoin, le Gouvernement a mis en place, fin 2020, une task force regroupant transporteurs, chargeurs, énergéticiens et constructeurs. Ces travaux ont pour but de parvenir à une trajectoire de "verdis sement du parc" partagée entre les dif férents acteurs permettant de favoriser une vision commune sur les perspectives, orientations stratégiques, calendriers, contraintes et priorités de chacun pour la poursuite de la transition écologique du transport routier. À la lumière de ces travaux, les dispositifs d’aide pourront être revus, renforcés et, le cas échéant, réorientés.

L'O.T. : Actuellement, sur le parc de 600 000 poids lourds en circulation, seuls 5 700 véhicules roulent au moyen de carburants alternatifs. Comment comptez-vous améliorer ces chiffres en faveur de la transition écologique? 
B. P. :
Nous devons effectivement accélérer sur ce point. Au sein de la task force que j’évoquais, un groupe de travail est chargé d’identifier les besoins, les freins et les leviers en matière de disponibilité de l’offre de véhicules et de déploiement des réseaux d’avitaillement et de recharge. Il faut rendre ces modes de transport simples, attractifs et pratiques pour les routiers. On voit que les choses évoluent déjà.

Alors que le secteur du transport routier de marchandises pouvait encore être considéré comme difficilement électrifiable il y a quelques années, les progrès dans le domaine de la production de batteries et de l’hydrogène laissent entrevoir une augmentation de la part de camions à très faibles émissions au sein du parc à moyen terme. Le biogaz présente également un important potentiel de réduction des émissions pour les usages les plus difficilement électrifiables. C’est aussi un des substituts les plus attractifs au diesel dans le cadre de la lutte contre les émissions de polluants atmosphériques, et les immatriculations de camions au gaz naturel vont augmenter. 

Retrouvez l'intégralité de l'entretien dans le numéro spécial transition écologique de L'Officiel des Transporteurs n°3084 du 8 octobre 2021.

Auteur

  • Samorya Wilson

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