«Notre gros problème est le financement, explique Francis Doreau, directeur du Centre de formation des apprentis de la navigation intérieure (CFANI). En juin, la Chambre nationale de la batellerie artisanale (CNBA) avait voté en conseil d’administration l’attribution d’une subvention de fonctionnement au CFA, répondant ainsi favorablement, pour la première fois, à la demande de participation au fonctionnement de l'établissement dont plus de 50% des effectifs sont en apprentissage chez des artisans bateliers ».
Ce vote a été annulé par le contrôleur d’État au motif que la majorité absolue requise pour une délibération de cette nature, n'était pas atteinte. Récemment, la CNBA a demandé à l'ANFPPB, organisme gestionnaire du CFA, de lui adresser une nouvelle demande, afin qu'elle puisse être présentée au prochain CA, fin septembre.
« Mais dans la mesure où seuls les administrateurs n'ayant aucun contact, de près ou de loin, avec l'apprentissage (administrateurs de l'ANFPPB, parents des apprentis), sont autorisés à voter, il est à craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets ».
Un rouage essentiel pour le secteur
« Pour le moment, nous vivons avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : le budget du CFANI est incomplet à ce jour pour l’année 2018 et, par conséquent, encore plus aléatoire pour le cycle 2018-2019 qui vient de commencer. Le CFANI a beau existé depuis 45 ans et être un rouage essentiel au maintien et au développement du secteur, son avenir est actuellement plus qu'incertain », souligne le directeur.
Malgré tout, la rentrée s’est bien passée. Les effectifs sont au rendez-vous. Ils sont notamment en forte augmentation en classe de première du Bac pro : « Des jeunes de 18 ans et plus viennent chercher la “qualification fluviale”, relève Francis Doreau. Ils ont déjà un Bac mais veulent en obtenir un deuxième dont ils ont acquis la certitude qu'il les conduirait à l'emploi dans un métier qu'ils ont choisi. C’est le signe que nous avions raison en voulant un Bac le plus qualifiant possible, avec des référentiels assez souples. Et aussi sans rendre obligatoire l'obtention du certificat à la conduite pour le valider. Le Bac pro fluvial est le diplôme d’insertion dans le secteur fluvial et cela finit par se savoir ».
Concernant la formation des adultes dans le cadre d’une reconversion professionnelle vers la navigation intérieure, Francis Doreau rappelle : « Les métiers de navigant sont très techniques. La reconversion ne se fait pas dans n’importe quelles conditions. Il y a des qualifications indispensables à acquérir. Être formé au transport fluvial, c'est aussi acquérir des connaissances dans le domaine de l'économie et de la gestion permettant d'évoluer par la suite vers la création d’entreprise après une première expérience au sein d’une compagnie fluviale. Dans nos formations, nous partons du qualifiant pour aller au général ».
La solution actuelle pour un adulte qui ne relève plus de l'apprentissage (plus de 30 ans), souhaitant intégrer la navigation intérieure, est de trouver un contrat de professionnalisation pour lequel la seule exigence de l’État est qu’il soit qualifiant, c’est-à-dire sanctionné par un diplôme ou une qualification à l’issue de la formation. « S’il y avait davantage d’adultes souhaitant intégrer la filière, il serait possible de mettre en place “une vraie” formation continue. Vu le nombre réduit de candidat, ce n’est pas possible pour le moment ». Si cela devient un jour nécessaire, il sera possible de se fonder sur le référentiel du Bac Pro afin de bâtir des blocs de compétences puis des modules de formation continue pour adulte sur 2 ou 3 ans. La validation des acquis de l’expérience (VAE) est aussi une piste qu’il ne faudra pas négliger. Il faudra que ce parcours soit validé par la 11e commission professionnelle consultative.
Quand il reçoit un adulte souhaitant intégrer le CFANI en contrat de professionnalisation, Francis Doreau insiste sur la différence d’âge entre lui et les jeunes en formation. « Tous disent en avoir conscience et l’accepter. Aucun n’a eu de difficulté sur ce plan ». Pour lui, « il faut vouloir plonger dans ce milieu pour ceux qui viennent “d’à terre”. Pour être inscrit, tous ont dû montrer une forte volonté de se tourner vers le transport fluvial. Par la suite, les études et l’apprentissage les confortent dans leur choix. En côtoyant les gens du milieu, ils voient la passion et l’intérêt du métier ».
Enfin, pour les adultes, il ne faut pas oublier l’attestation de capacité professionnelle (ACP). Avec le Bac pro, l’ACP est obtenue de droit. Pour l’obtenir par équivalence d'expérience, cela est devenu quasiment impossible. Il reste la possibilité de se présenter en candidat libre. Mais le stage de préparation mis en place au moment de la création de l'ACP ayant été supprimé, les résultats ne sont pas très bons. De facto, le Bac « transport fluvial » deviendra rapidement le diplôme indispensable pour créer une entreprise de transport fluvial.
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