Le fluvial a souffert en Allemagne en 2020

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En Allemagne, le transport fluvial a reculé en 2020 dans le contexte de la crise sanitaire, des conséquences sur le long terme de la sécheresse de 2018, du repli des besoins en charbon.  

Mauvaise année 2020 pour les transports fluviaux en Allemagne aussi bien en volume qu’en prestation. Selon des chiffres officiels publiés fin avril 2021 par l’agence fédérale Destatis, fleuves et canaux ont transporté l’an passé 187,4 millions de tonnes de marchandises, soit 9,4 % de moins qu’en 2019. Le nombre de tonnes par kilomètre (tkm) a également reculé de 10,3 %, à 46,1 milliards de tkm. 

Une comparaison avec les autres moyens de transport est difficile pour l’heure. Les chiffres officiels pour la route n’ont pas encore été présentés et ceux pour le rail ne sont pas encore complets. Selon de premières estimations, le rail a lui aussi fortement chuté de 6,3 % à 320 millions de tonnes transportées, à raison de 108 milliards de tkm (-4,3 %). 

« On ne peut pas ignorer la réalité. Surtout si on rappelle qu’il y a quatre ans encore, les voies d’eau ont transporté 220 millions de tonnes à travers le pays », s’inquiète Martin Staats, le président de la fédération de la branche BDB.

2018 a marqué une césure pour la navigation fluviale, avec une sécheresse exceptionnelle, notamment dans la région du Rhin, qui a coûté au secteur 20 millions de tonnes transportées. « Nous n’avons pu que partiellement compenser ce recul en 2019. Puis 2020 et le Covid-19 ont coupé court à tout espoir de retrouver le niveau d’avant 2018 », rappelle Martin Staats. Les premiers mois de 2021 sont eux aussi moroses, avec de nombreux navires toujours cloués à quai. 

Le Rhin, axe majeur

L’évolution structurelle de la demande ajoute aux difficultés conjoncturelles, avec la fin annoncée des centrales à charbon en Allemagne à l’horizon 2038. « Il est urgent de trouver des solutions de rechange et de préparer l’après-charbon », souligne la fédération. 

Le Rhin reste le principal axe fluvial en Allemagne. Le niveau de l’activité a légèrement repris en 2019 et 2020 sur ce fleuve, véritable poumon de l’industrie rhénane, notamment pour la chimie, avec la liaison Rotterdam-Duisbourg. En 2019, le Rhin (70 % des transports fluviaux du pays) avait légèrement progressé après l’effondrement de 2018, avec 141,1 millions de tonnes transportées sur le fleuve, contre 130 millions seulement en 2020. Le Bas-Rhin, particulièrement fréquenté, a chuté à 19,2 millions de tonnes transportées en 2020 contre 21,3 millions de tonnes en 2019 et 17,2 millions de tonnes en 2018.

La crise sanitaire s’est plus durement encore fait sentir sur  le transport de passagers avec 545 passages de bateaux de croisière fluviale à l’écluse de Iffezheim en 2020 contre 2 961 en 2019. 

Duisport, porté par les conteneurs et le rail

Avec 4,2 millions d’EVP en 2020 et une hausse de +4,2 % par rapport à 2019, « la manutention de conteneurs par le groupe Duisport bat un nouveau record. Avec une part d’environ 55 %, c’est le segment le plus important des marchandises ». Toutefois, avec près de 59 millions de tonnes de marchandises traités en 2020, le trafic total de Duisport affiche une diminution de 3 % par rapport à 2019. « La baisse est due à une moindre activité pour le charbon ». Le groupe Duisport met en avant le développement du transport ferroviaire avec la Chine avec un passage de 35 à 40 trains en moyenne par semaine en 2019 à 60 liaisons hebdomadaires en 2020. Il précise que « les évolutions avec l’Europe de l’Est sont également très positives », citant « des connexions étendues avec la Pologne pour le transport de remorques dans la suite d’une croissance continue depuis plusieurs années ». A l’avenir, Duisport prévoit de continuer à privilégier le report modal de la route vers le rail sur de longues distances. Mais il n’oublie pas « le secteur des produits en vrac » pour lequel « des investissements supplémentaires ont été approuvés pour assurer de rester également un partenaire attractif. Duisbourg reste un port multimodal et cela ne changera pas ».

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