Si Aproport connaît un repli de 14 % sur le fluvial (27 % de son activité), le ferroviaire est lui en hausse de 12 % (20 % de l’activité) tout comme le routier (+ 5 %). Le nombre de rentrées de trains a été multiplié par deux entre 2019 et 2020. « Le routier représente 53 % de notre activité car nos véhicules « coiffent » les deux autres activités », complète, à ce propos, Stéphane Trouillet, directeur d’exploitation des trois ports. Au cours de cette année 2020 difficile, la structure a également perdu un client historique mâconnais dont il gérait les produits finis…. Avant de le retrouver. Aproport travaille de nouveau avec lui sur la fourniture de matières premières.
Autoroute ferroviaire à Mâcon
Grâce à des investissements consentis en 2019, le port de Mâcon a pleinement profité de son positionnement sur l’autoroute ferroviaire entre Calais et Le Boulou (Pyrénées-Orientales). « Elle nous a fait beaucoup travailler durant le premier confinement à partir de mars 2020. Nous avons réussi à ne pas garder nos deux pieds dans le même sabot », relève Pascal Leyes
En 2019, Aproport a mis en place un terminal de ferroutage dédié à cet autoroute de 5 000 m2. Une nouvelle locomotive, capable de gérer les véhicules de fret lourds, a été achetée, ainsi que deux nouveaux engins pour effectuer le traitement des remorques sur le terminal. L’investissement total atteint 50 000 euros. Aproport gère 1 100 mètres de voie linéaire à Chalon et 1 650 mètres de voie linéaire à Mâcon. En tout, le service gère 20 km de voies ferrées entre les deux structures.
Cette expérience et ces investissements ont payé en 2020. Entre le port et la gare de Mâcon, 1 000 trains ont circulé pour transporter 11 000 semi-remorques préhensibles de type P400. Le résultat est visible : malgré un transport de conteneurs en berne (-54 %), l’explosion de l’activité liée aux semi-remorques (+64 %) vient aider la structure bourguignonne. Cela permet à Aproport d’annoncer une augmentation de 10 % du nombre d’EVP traités sur 2020. Le transport global en volume est resté stable (+1 %).
Il faut rappeler qu’Aproport a été le premier port fluvial français à disposer de l’autorisation de circuler sur le réseau ferré national avec ses propres moyens humains et matériels. Un plus qui lui a permis de développer cet atout.
Des projets à l’étude
Deux nouvelles liaisons rails sont à l’étude. La première permettrait de lier Mâcon à la Belgique, et donc à l’Europe du Nord, via l’opérateur de transports combinés Viia. La deuxième concernera Chalon-sur-Saône-Le Havre.
En décembre, une ligne rail-route, opérée par Openrail, pour les Transports Becker et Combronde (actionnaire d’Openrail), a vu le jour pour lier Chalon-sur-Saône et Fos-sur-Mer. Une offre qui vient compléter celle proposée par l’opérateur Delta Rail. Implanté à Aix-en-Provence, ce dernier fait circuler deux trains par semaine. Une troisième rotation est envisagée pour 2021 (voir encadré).
Deux autres projets sont à l’étude. À Mâcon, un centre de formation de conducteurs de trains de fret devrait voir le jour et une formation Bac + 5 en logistique et transport multimodal doit ouvrir à Chalon-sur-Saône. Pascal Leyes conclut : « C’est simple, nous voulons être « 5F » en référence à 4F pour fret ferroviaire français du futur de l’alliance montée pour développer le fret ferroviaire. Nous ajoutons le F de fluvial ».
Des démarches sont également en cours afin de faire d’Aproport un opérateur ferroviaire de proximité (OFP). L’objectif vise à permettre aux ports bourguignons de « rayonner » autour de leurs terminaux. Une liaison entre Mâcon et Chalon-sur-Saône pourrait être envisagée. Les dirigeants espèrent aller vers cette évolution en 2021 ou 2022.
Une liaison Chalon-Fos
Aproport a vu l’arrivée récente d’une entreprise investissant massivement dans le ferroviaire : Combronde. Le 14 décembre 2020, le groupe de transports, basé à Thiers (Puy-de-Dôme), s’est associé avec les Transports Becker, installés à Chatenoy-le-Royal (Saône-et-Loire) pour ouvrir une ligne multimodale entre Chalon-sur-Saône et Fos-sur-Mer.
« Combronde n’était pas installé en Bourgogne. C’est pourquoi nous nous sommes associés aux Transports Becker. Notre stratégie est de développer notre réseau et notre maillage pour faire face à l’augmentation de la demande de nos clients pour le combiné rail-route », explique François de Beauregard, directeur général de Prestalog, filiale du groupe auvergnat chargée de développer l’infrastructure ferroviaire. Opérée par Openrail (ex-Ferrivia), une société d’exploitation dont Combronde est actionnaire, cette liaison fait, pour l’instant, rouler deux trains par semaine, aller-retour, entre la Bourgogne et la Méditerranée. Longs de 750 mètres et offrant une capacité de 2 000 tonnes, les convois peuvent transporter 120 conteneurs par semaine sur cet axe. À Fos-sur-Mer, la manutention est assurée par les terminaux maritimes. Ailleurs, elle sera prise en charge par Prestalog, filiale forte d’une centaine d’employés.
États-Unis, Moyen-Orient, Asie… Cette ouverture vers la Méditerranée permet de pousser l’offre de l’entreprise de transports à l’international pour ses clients. Au départ de Chalon-sur-Saône, la plupart des marchandises proviennent d’un périmètre de 150 km autour de la ville.
Selon Stéphane Trouillet : « Depuis le changement de service le 14 décembre2020, nous sommes sur un bon lancement avec un taux de remplissage des trains à 80 %. Cette offre vient compléter celle mise en place par l’opérateur Delta Rail ».