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Le port de Marseille cherche sa place sur les Routes de la Soie

Actu-Transport-Logistique.fr | Maritime | publié le : 06.06.2018 | Dernière Mise à jour : 06.06.2018

Christine Cabau Woehrel, directrice du port de Marseille-Fos signant un accord de coopération avec Ding Xiangming, vice-président du port de Shanghai. En arrière-plan J.-P. Raffarin, représentant du gouvernement d’Emmanuel Macron pour la Chine, J.-C. Gaudin, maire de Marseille, J.-M. Forneri, président du port, l’ambassadeur de Chine en France, Zhai Jun et J.-L. Chauvin, président de la Chambre de Commerce Marseille-Provence.

Crédit photo NBC

Marseille-Fos est convaincu d’avoir une carte à jouer en Méditerranée sur les Routes de la Soie que la Chine déroule depuis 2013 à renfort de dizaines de milliards de dollars. À l’initiative d’un grand colloque, le 31 mai dernier sur les opportunités de ce grand projet d’État, le port de Marseille-Fos a joué le premier acte en signant un accord de coopération avec le port de Shanghai.

Marseille-Fos se positionne pour attirer les marchandises, les touristes et les investisseurs Chinois ! Saisissant l’opportunité des nouvelles routes de la Soie, l’établissement portuaire avance ses pions en signant un accord de coopération avec le port de Shanghai. "Nous sommes sensibles au programme de développement des ports verts. Nous voulons travailler sur le GNL pour réduire notre bilan carbone", a indiqué, le 31 mai dernier, Ding Xiangming, vice-président du port de Shanghai, à l’issue d’un colloque réunissant politiques et entrepreneurs français et chinois.

Cet accord opérationnel qui portera également sur "la promotion des synergies industrielles, des solutions de routing et de supply chain innovantes entre l’Asie et l’Europe" pourrait, s’il prenait de l’étoffe, devenir le premier projet français de la Belt and Road Initiative (BRI). "Vous devez donner de la consistance à votre projet en nourrissant votre coopération avec Shanghai. Si Marseille arrivait à être le premier projet reconnu de la Route de la Soie, ce serait bon pour la France", a lancé Jean-Pierre Raffarin, représentant du gouvernement d’Emmanuel Macron pour la Chine.

60 milliards de dollars investis depuis 2013

Depuis le démarrage du programme de la Ceinture et la Route en 2013, la Chine a investi plus de 60 milliards de dollars dans des ports (Alger, Le Pirée, Suez), les ports intérieurs espagnols, les aéroports et les zones industrielles. "7 500 trains ont déjà circulé vers 34 villes européennes. Marseille possède des atouts naturels pour jouer un rôle dans la construction des nouvelles routes de la Soie", a commenté l’ambassadeur de Chine en France, Zhai Jun. One Belt One Road (OBOR) a frappé, fin novembre 2017, aux portes de la France sur l’axe ferroviaire Wuhan - Dourges avec Decathlon suivi quelques semaines plus tard du constructeur PSA avec Gefco.

"L’infrastructure est un prérequis au développement économique. La banque d’import/export de Chine a financé 1 200 projets depuis 2014 dans 50 pays avec un effet levier de 60 Md$. Les échanges entre la Chine et la Méditerranée vont augmenter de 3 %. En escalant au port Pirée, les chargeurs gagnent entre 7 et 10 jours de navigation par rapport au nord Europe. Marseille possède des atouts géographiques avec un réseau de transport vers l’hinterland, sans oublier la présence de 13 câbles sous-marins", précise Fei Zhaohui, président de Exim Bank of China à Paris. En 2020, le câble "PEACE", reliera la Chine à la cité phocéenne.   

Quechen, 1er investisseur Chinois sur le port de Fos

Si les Moteurs Baudoin et Pétroinéos sont totalement ou partiellement à capitaux chinois depuis respectivement 2009 et 2011, la décision d’investir ex nihilo en Provence est toute récente. Le premier investissement Chinois se concrétisera en 2023, à la mise en service d’une plate-forme de production de silice entrant dans la composition des pneus verts. Le groupe familial chinois Quechen annonçait en janvier dernier son intention d’investir près de 100 M€ à Fos mettant ainsi un terme à deux années de suspense entre 26 places européennes.

"Nous avons de nombreux clients en Europe, dont le groupe Michelin. Nous souhaitons exporter tout en atténuant les risques de barrières douanières. Marseille est la perle de la Méditerranée, elle est la porte d’entrée entre l’Europe et l’Afrique. 38 % de notre prix de revient provient de nos approvisionnements. Et en ce sens, Fos s’est révélé hautement compétitif", a commenté Que Weidong, Pdg de Quechen.

60 000 m2  pour Alibaba en 2020

Alors qu’il se murmure qu’Alibaba pourrait ouvrir en 2020 une plate-forme de 60 000 m2 sur le site pétrochimique de Llyondellbasell à Berre-l’Etang, côté français, le promoteur  Xavier Giocanti annonce son souhait de créer à Fos une zone sous douane permettant aux exportateurs chinois de textile de réexporter leurs marchandises vers les pays du Maghreb.

"Nous avons besoin d’un lien avec Shanghai. 45 entreprises provençales ont déjà signé pour être présents sur la plate-forme de e-commerce Alibaba et ce serait bien d’y associer des opérations de la logistique", a commenté Jean-Luc Chauvin. Pour le président de la Chambre de commerce, en pourparlers avec la compagnie aérienne Hainan Airlines, il est indispensable que Marseille puisse bénéficier d’une liaison directe avec la Chine. Pour Xavier Giocanti, président de Résilience, une ligne aérienne directe permettrait d’exporter des cosmétiques.

2 000 salariés et 60 bureaux en Chine pour CMA CGM

L'armateur CMA CGM, installé depuis 40 ans à Marseille, a ouvert ses premiers bureaux en Chine en 1992. 26 plus tard, la compagnie maritime y emploie 2 000 salariés dans 60 bureaux. "Jusqu’à présent, la Corée était le pays spécialiste de la construction navale. La Chine est parvenue à améliorer ses coûts et la qualité de sa production. Il y a quelques années, nos clients ne voulaient pas entendre parler du port de Marseille, mais la productivité s’est améliorée. La concurrence est rude avec les ports voisins, de Valence ou Barcelone", analyse Rodolphe Saadé, Pdg de CMA CGM. La compagnie française a d’ailleurs financé une partie de ses nouveaux porte-conteneurs de 22 000 Evp avec l’appui de la banque chinoise Exim Bank of China.

Premier partenaire commercial du port de Marseille-Fos avec 400 000 Evp, la Chine est aussi le premier client de la métropole. Les flux ont progressé de 7 % en 2017.

Auteur

  • Nathalie Bureau du Colombier

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