L'or approche de son record, l'aluminium faiblit et le café monte

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Le prix de l'or a démarré en trombe une semaine écourtée pour atteindre des records depuis 10 mois et effleurer son plus haut historique, la valeur refuge profitant d'un alliage d'économie américaine en berne et de Fed prudente.

À la veille du début d'un long week-end pascal, l'once d'or s'échangeait jeudi vers 14H30 GMT (16H30 à Paris) pour 2.007,43 dollars, contre 1.969,28 dollars le vendredi précédent en fin d'échanges. L'or, qui est monté mercredi à 2.032,07 dollars s'approche de son record absolu atteint en août 2020, en pleine pandémie de Covid-19, à 2.075 dollars l'once.

"Les marchés se focalisent sur les risques de récession depuis les troubles bancaires du mois dernier jusqu'aux données économiques récentes moins bonnes qu'attendu" par les analystes, résume Mark Haefele, analyste chez UBS.

Selon l'organisation sectorielle du Conseil mondial de l'or (CMO), les ETF, ces produits financiers adossés à des réserves de métal qui permettent aux investisseurs professionnels de parier sur l'or, ont enregistré en mars des entrées de capital les plus importantes depuis 2019.

Le CMO estime que les marchés ont acheté l'équivalent de 40 tonnes d'or en mars, un niveau plus atteint depuis juin 2019.

L'or pourrait cependant décevoir ses acheteurs si l'économie américaine arrive à "atterrir en douceur", c'est-à-dire à ralentir pour limiter l'inflation sans tomber en récession, ou si la Réserve fédérale américaine (Fed) maintient sa politique monétaire stricte pour combattre l'inflation, prévient Mark Haefele.

Des taux directeurs plus élevés rendent les obligations d'Etat américaines plus rémunératrices, et l'or, métal sans rendement, en devient moins attractif. Mais cette possibilité "est nettement moindre que celui d'une hausse" du prix de l'or "étant donné l'incertitude élevée et les risques de récession", ajoute-t-il.


L'aluminium s'éteint

Les prix des métaux de base ont au contraire souffert sur la Bourse des métaux de Londres (LME) au fil de la semaine de données économiques peu encourageantes et le cours de l'aluminium s'est éloigné d'un sommet en un mois atteint lundi.

La demande des métaux dépend de l'activité industrielle, et les cours tendent à décrocher quand les perspectives économiques s'assombrissent.

"La demande des consommateurs américains faiblit", à en croire les indices PMI publiés mercredi, "tandis que le marché de l'emploi commence à ployer", selon des chiffres qui précèdent les données officielles de vendredi pour mars, commente Daria Efanova, en charge de la recherche du courtier Sucden.

Ce contexte macroéconomique pèse sur les prix, mais plusieurs analystes soulignaient que les fondamentaux du marché leur paraissaient plutôt favorables à un rebond.

"Les réserves du LME d'aluminium ont chuté" sur les premières séances d'avril comme en mars, commente Warren Patterson, analyste chez ING. La diminution des stocks du LME signifie que des acheteurs sortent du marché ces réserves accumulées par la Bourse des métaux pour fluidifier les échanges, et est le signe d'une demande élevée.

À plus long terme, même si l'économie s'essouffle en Occident, la reprise en Chine où les mesures anti-Covid-19 ont été assouplies en début d'année devrait doper la demande, estiment les analystes de Goldman Sachs.

"Il faudrait une récession de l'ampleur de celle de la grande crise financière" de 2007-2008 "pour que l'offre dépasse la demande", estiment-ils, jugeant que la contraction limitée de l'économie qui se profile n'empêchera pas les acheteurs d'aluminium d'être plus nombreux que les vendeurs.

Cela "soutient notre hypothèse d'un prix à 2.500 dollars la tonne, juste au-dessus du niveau actuel", vers la fi nde l'année, commentent-ils. La tonne d'aluminium coûtait 2.338 dollars, contre 2.413 dollars vendredi dernier à la clôture.


Le café bouillonne

Les prix du café ont grimpé sur la semaine, le robusta atteignant même mercredi un record depuis septembre alors que l'Organisation internationale du café (ICO) prévoit que l'offre ne suffira pas à répondre à la demande.

Le Brésil, premier producteur mondial, va selon l'ICO voir sa récolte remonter moins que prévu "en raison du coût élevé des fertilisants et de conditions météo peu amènes". La production mondiale devrait donc augmenter de 1,4% à 171,3 millions de sacs de 60 kilogrammes, mesure historique du marché du café, pour la saison 2022-2023.

Pas de quoi, donc, répondre à une demande en augmentation à 178,5 millions de sacs selon l'ICO. Les analystes de Rabobank sont eux aussi peu optimistes sur la récolte brésilienne, qu'ils ont revue à la baisse de 1,1 million de sacs à 66 millions de sacs.

Sur l'ICE Futures US de New York, la livre d'arabica pour livraison en mai valait 182,15 cents, contre 170,50 cents six jours auparavant. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en mai valait 2.268 dollars vendredi contre 2.173 dollars le vendredi précédent à la clôture.

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