Bourbon : les dirigeants démentent toute corruption au Nigeria

Crédit photo ©Bourbon
L’état-major du groupe parapétrolier français Bourbon s’est défendu, le 16 mai, d’avoir corrompu des agents du fisc nigérian dans le but de faire fondre un redressement fiscal, renvoyant la responsabilité sur son partenaire local africain.

Huit dirigeants et anciens dirigeants du groupe français de services maritimes aux sociétés pétrolières comparaissent depuis le 13 mai devant le tribunal correctionnel de Marseille pour des faits de corruption d’agents publics étrangers au Nigeria, en Guinée équatoriale et au Cameroun.

Selon l'accusation. 2,7 M$ auraient graissé, en 2012, la patte de contrôleurs fiscaux et du directeur du Criminal Investigation Departement au Nigeria dans le but de réduire à 4,1 M$ le montant d'un redressement fiscal annoncé à hauteur de 227 M$ pour Bourbon,

>>> Lire aussi : Corruption en Afrique : comparution de huit dirigeants du groupe Bourbon

Dénégations en série

Bourbon avait délégué les négociations avec le fisc à son partenaire local, la société nigériane Intels, filiale du groupe Orleaninvest, avec laquelle avaient été créées en joint-venture les sociétés Bourbon Interoil Nigeria Limited (BINL), de droit nigérian, et Bourbon Offshore Interoil Nigeria Service Limited (BOINSL), de droit portugais.

Confronté à des échanges de mails entre Marc Cherqui, le directeur fiscal de Bourbon envoyé superviser ce contrôle fiscal à Lagos, avec d’autres hauts cadres de la société, laissant apparaître une corruption en cours,

Gaël Bodénès, à l'époque directeur général adjoint opérationnel et aujourd’hui numéro un de la société, a déploré à la barre que "[s]es instructions n’aient pas été suivies".

Apprenant la possibilité de versement de bakchichs, sa première réaction aurait été : "Pas question que Bourbon participe à ce genre de demandes", a assuré de son côté Christian Lefèvre, à l’époque directeur général du groupe.

Le partenaire local Intels mis en cause

Aucun dirigeant n’a cependant évoqué une quelconque consigne pour s’opposer aux manœuvres en cours. "Je n’avais aucun pouvoir sur Intels", a opposé Christian Lefèvre.

"Si Intels a versé des fonds, je n’en suis pas responsable, c'est un groupe très puissant localement. Si ça s’est passé, c'est le problème d’Intels", s’est également défaussé Laurent Renard, ancien directeur général délégué aux finances.

Aujourd’hui retraité, Laurent Renard n’avait pas non plus réagi en prenant connaissance d’un mail récapitulatif sur le contrôle fiscal évoquant une commission à verser, "un PR [Public Relation] de 3 M$ encore négociables". "Je ne veux pas rentrer là-dedans", rétorque-t-il à la présidente du tribunal Laure Humeau, étonnée de cette politique de l’autruche.

Réquisitoire attendu le 21 mai

"Vous dites [que] ça ne [vous] concerne pas, mais c’est pour le compte de BINL dans laquelle vous êtes associé à 40 %", relance-t-elle, en appuyant sur les déclarations de Bourbon qui a toujours évoqué le risque d’être éclaboussé par des pratiques de corruption, notamment vis-à-vis de clients anglo-saxons.

Questionné sur un mail de Rodolphe Bouchet, l’actuel directeur de Bourbon Marine et Logistics, à l’époque interlocuteur de Marc Cherqui, évoquant ce qui ressemble à un accord pour un bakchich de 2 M€, Gaël Bodénès se retranche derrière la gestion, à la même période, d’un kidnapping de marins de Bourbon, six Russes et un Estonien par des pirates réclamant une rançon.

Selon l’état-major du groupe, "Bourbon a payé au fisc ce que la société devait, dans un pays où c’est compliqué, mais aucune de ses sociétés n’a sorti des sommes illégalement".

Le tribunal doit aborder d’éventuelles manœuvres de corruption au Cameroun ou en Guinée équatoriale dans les jours qui viennent. Le réquisitoire est attendu le 21 mai.

La rédaction (avec l'AFP)

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