Zeebruges : compte à rebours avant le Brexit

Sur le port de Zeebruges, les cadences s'accélèrent pour charger les navires avant les tracasseries administratives liées au Brexit, et la crainte d'abîmer un lien historique avec l'Angleterre est réelle.
Avec ou sans accord commercial, le Royaume-Uni redeviendra le 1er janvier pour l'UE un pays tiers, avec lequel les échanges seront soumis à des formalités administratives. Le "no deal" signifierait en outre le retour des droits de douane à la frontière. Cette situation, le logisticien ECS-2XL, qui stocke des grandes marques européennes destinées aux supermarchés britanniques, assure y préparer depuis "au moins 18 mois" ses clients (principalement de l'agroalimentaire), exigeant d'eux un maximum de détails sur la valeur des expéditions en prévision de l'application de nouvelles taxes. "On leur court après. Il a fallu vraiment insister sur l'importance d'être en règle (...) La semaine dernière, on nous disait "il va y avoir un deal, vous n'avez pas besoin de tout ça", là ça change un peu", confie Charlotte Danneels, une dirigeante la société belge.

Avec l'aide d'anciens douaniers

Pour son activité, entre route et rail, au plus près des navires à charger, ECS-2XL a fait bâtir un entrepôt. Des chariots sans chauffeur se suivent, se croisent, passent d'une allée à l'autre, à un rythme effréné, pour prélever en hauteur les palettes d'eau en bouteilles, de lait ou de vin s'apprêtant à rejoindre les dépôts Tesco, Asda ou Sainsbury's de l'autre côté de la Manche. Au total entre 250 et 300 "clients", comme les groupes Red Bull ou Danone pour les plus connus, utilisent cette plateforme relais d'une capacité de 70.000 palettes pour approvisionner chaque jour sept enseignes britanniques de la grande distribution.

Et cette année, l'approche des fêtes, généralement synonyme de surchauffe, prend un tour encore plus particulier avec le Brexit. "C'est une très grosse période", poursuit Charlotte Danneels, relevant aussi qu'avec la pandémie de coronavirus "les gens consomment davantage chez eux, à la maison", ce qui augmente la demande des supermarchés. Pour se préparer aux nouvelles formalités à venir, la firme belge dit avoir consulté d'anciens douaniers, qui l'ont guidée notamment dans l'utilisation de logiciels spécialisés. Quant au niveau de préparation côté britannique, il suscite des doutes. Charlotte Danneels déplore "le manque de réactivité" dans les grandes enseignes desservies par ECS-2XL pour désigner une personne ou un service qui serait l'interlocuteur sur les changements liés au Brexit.
Pour la direction du port de Zeebruges, qui réalise près de 40 % de son trafic avec le Royaume-Uni (17 de ses 46 millions de tonnes de fret en 2019), les craintes portent sur les capacités de l'administration britannique à absorber la nouvelle charge de travail dès janvier.


 

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