Presque trois ans jour pour jour après la première traversée du navire, l’aventure de la Scop SeaFrance s’arrête. S’il reste en mémoire les dissensions entre les membres du directoire de MyFerryLink et ceux de la Scop, c’est outre-Manche que la chronique d’une fin annoncée a été mise sur pied. Soutenue par quelques lobbies puissants, la Competition market Authority aura finalement eu raison de la Scop. Les salariés se sont battus pour finalement céder. Pouvaient-ils aller encore plus loin dans leur mouvement? En signant le protocole de sortie de crise le 31 août, ils ont sauvé les meubles, même si certains adhérents de la Scop vont avoir un réveil amer. La leçon à retenir de cette expérience est à mettre à l’actif de la structure de la société: une Scop. Pas nécessairement défendue par l’Élysée en 2011, puis finalement, après les élections de 2012, devenue une solution courageuse pour le ministère, cette structure juridique a montré sa capacité à réussir commercialement en prenant 12 % de parts de marché en trois ans là où des commentateurs y voyaient un fantasme de syndicaliste rétrograde. Si les anciens marins de SeaFrance ont démontré la viabilité de ce système, la déclinaison de cette expérience à d’autres compagnies maritimes semble plus aléatoire. Encore faut-il être prudent. Nous venons de le voir: l’envie d’être acteur de son emploi donne des ailes, ou plutôt des nageoires.
Édito
CQFD
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