Le Grace 1, autorisé à reprendre la route

 

L'Iran s'étant engagé par écrit, la Cour suprême de Gibraltar a autorisé ce 15 août le pétrolier iranien arraisonné début juillet à quitter les eaux de ce territoire britannique.

Le Grace 1, chargé de 2,1 millions de barils de brut léger iranien, avait été intercepté dans les eaux au large de Gibraltar le 4 juillet et bloqué par les autorités de Gibraltar parce que le VLCC était soupçonné de transporter du pétrole à destination de la Syrie, contrevenant de fait aux sanctions de l'Union européenne frappant le pays. Le Royaume-Uni avait déclaré que le Grace 1 serait libéré si l'Iran pouvait donner l'assurance qu'il ne se dirigeait pas vers la Syrie. Ayant eu cette assurance, le gouvernement de Gibraltar a donc autorisé le pétrolier iranien à lever l'ancre malgré la demande américaine de prolonger l'immobilisation du navire. Le juge Anthony Dudley, président de la Cour, a déclaré à ce propos qu'il n'avait pas été saisi par écrit d'une demande américaine de retenir le pétrolier, annoncée dans la matinée par le ministère public de Gibraltar.

Plus tard, dans un communiqué publié dimanche, les autorités du Rocher préciseront qu'« en vertu du droit européen, Gibraltar est dans l'impossibilité de prêter l'assistance demandée par les États-Unis ». Le territoire britannique rejettera à deux reprises une demande d'assistance américaine dans cette crise qui oppose Washington, Téhéran et Londres. Les États-Unis ont présenté plusieurs demandes pour que le pétrolier soit immobilisé, et le ministère américain de la Justice a même émis un mandat de saisie fondé sur les sanctions américaines contre l'Iran. Mais « le régime des sanctions de l'UE est fondamentalement différent de celui des États-Unis » ont argumenté les autorités de Gibraltar. 

La détention du Grace 1 avait déclenché d'énormes tensions géopolitiques au Moyen-Orient au cours des six dernières semaines,  notamment entre l'Iran et le Royaume-Uni, lequel est de surcroît confronté sur le plan de la politique intérieure à un environnement complexe en raison de son retrait de l'UE. L'armée iranienne a notamment saisi le pétrolier Riah battant pavillon panaméen le 15 juillet et le Stena Impero et ses 23 membres d'équipage battant pavillon britannique le 19 juillet, que d'aucuns ont interprété comme des mesures de représailles. La région du détroit d'Ormuz est devenue particulièrement tendue depuis la décision de l'administration américaine de se retirer de l'accord international permettant d'encadrer l'industrie nucléaire iranienne, négocié par son prédécesseur Barack Obama avec l'Iran, la France, la Russie, la Grande-Bretagne, la Chine et l'Allemagne. Plusieurs navires y ont été attaqués et un drone américain a été abattu par l'Iran alors que les États-Unis resserrent l'étau des sanctions contre la République islamique. Pour y assurer la navigation, les États-Unis, soutenu par le Royaume-Uni, porte l'idée d'une sentinelle militaire internationale, à laquelle adhère l'Australie (15 % du pétrole brut et 30 % du pétrole raffiné destiné à l'Australie transite par le détroit d'Hormuz selon les autorités du pays) mais s'oppose l'UE. 

La rédaction

[Actualisation le 19 août] Le Grace 1 a été renommé Adrian Darya 1 battant pavillon iranien alors qu'il naviguait sous pavillon panaméen jusqu'alors. Le portail de géolocalisation MarineTraffic indique que la destination du navire est Kalamata, en Grèce, un port qui n'est pas d'ordinaire associé au trafic de VLCC. TankerTrackers.com indique qu'à pleine charge, il ne pourrait pas traverser le canal de Suez, mais qu'il le pourrait s'il transbordait environ un million de barils à un Suezmax par exemple...

Cette évolution avait nourri l'espoir que le pétrolier suédois Stena Impero, battant pavillon britannique, saisi le 19 juillet dans ce qui a été perçu comme une mesure de rétorsion à l'arraisonnement du Grace 1, puisse être libéré. Mais un porte-parole de Stena Bulk a déclaré à Reuters que la situation restait bloquée. Le PDG de l'armateur vraquier, Erik Hanell, a pour sa part fait appel au premier ministre de l'Inde, Narendra Modi, pour qu'il l'aide à libérer les 18 marins indiens qui composaient l'équipage du navire retenu par les autorités iraniennes.

 

 

 

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