Transport de betteraves : les professionnels s'opposent aux 48 tonnes de PTRA

En France, l'expérimentation des ensembles routiers de 48 t de PTRA pour la campagne betteravière de 2022 était autorisée dans trois départements, avec du matériel fabriqué par le carrossier néerlandais Bulthuis.

Crédit photo DR
Fin 2021, le gouvernement a autorisé, à titre expérimental, le transport de betteraves par des ensembles routiers de 48 t de PTRA. Le 6 juin 2023, deux organisations professionnelles du transport routier de marchandises (TRM) expriment leur opposition à ce que cette expérimentation ne débouche sur une autorisation en France. Explications.

Initiative de la filière sucrière. A l’initiative de la filière sucrière, dans le cadre de la campagne de récolte des betteraves, il a été décidé fin 2021 par le gouvernement l'expérimentation d'un recours à des ensembles routiers de 48 t de poids total roulant autorisé (PTRA), au lieu de 44 t comme c'est la règle en France.

Cliquez sur ce lien pour en savoir plus sur cette expérimentation

Expérimentation depuis 2021. Dans un premier temps, des essais statiques ont été réalisés avec les chercheurs du Cerema à partir d'un site de la Marne au mois d’avril 2021. Puis a été mise en place une expérimentation sur route ouverte, sous le contrôle du ministère des Transports et avec l’encadrement du Cerema, en 2022 dans trois départements :

  • la Marne,
  • l’Eure,
  • la Somme.

Les transporteurs routiers et leurs organisations représentatives, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) et l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), en ont accepté le principe, à la condition que "l’expérimentation soit strictement encadrée et qu’elle démontre objectivement l’intérêt et la pertinence des sujets étudiés".

Opposition ferme à cette autorisation. "Au regard des résultats de l’expérimentation, les organisations professionnelles du transport routier s’opposent fermement à la mise en œuvre des 48 t de PTRA dans le cadre des campagnes betteravières, concluent-elles dans ce texte. L’expérimentation démontre que l’exploitation de bennes 48 t pour le transport de betteraves n’est pas viable sur le plan économique et n’apporte aucun gain probant sur le plan environnemental".

Nombreuses interrogations. Cette règlementation soulève par ailleurs de nombreuses interrogations, selon les transporteurs :

  • sécurité,
  • impact sur les infrastructures routières,
  • image du secteur.

Investissement matériel. Mais ce qui provoque encore plus le doute des professionnels, c'est le coût de l'investissement en matériel : "à la différence du passage du 40 au 44 t, l’investissement demandé n’est pas du tout le même pour la profession, puisqu’elle ne pourra pas utiliser les mêmes remorques et donc, implique un renouvellement complet du matériel".

Problème de transition énergétique. Et les représentants des transporteurs d'enfoncer le clou : "Le passage de 44 à 48 t ne correspond absolument pas aux engagements de l’Europe, de la France et de la profession sur la transition énergétique en comparaison avec la priorité donnée au verdissement de la flotte par la conversion des véhicules thermiques en énergies alternatives en cours (agro carburant, bioGNV et GNV, électrique, hydrogène…)". Or en termes d'investissements, cet enjeu constitue la priorité des transporteurs.

Classement sans suite. La FNTR et l'OTRE se montrent très claires : elles demandent au ministre des Transports, Clément Beaune, le classement sans suite de cette expérimentation.


Infographie : poids total roulant autorisé (PTRA) en France pour les camions

En France, le PTRA pour un ensemble jusqu'à 4 essieux est limité à 38 t, et pour un ensemble de 4 essieux et plus, à 44 t.


Crédit photo : France Routes

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