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L'Espagne donne une nouvelle impulsion aux autoroutes ferroviaires

Actu-Transport-Logistique.fr | Ferroviaire | publié le : 20.12.2021 | Dernière Mise à jour : 21.12.2021

Le site d'Algésiras, sur lequel sera installé le futur terminal dédié de l'autoroute ferroviaire Algésiras/Saragosse.

Crédit photo DR

Dans le cadre de la stratégie de décarbonation des transports, le gouvernement espagnol table en particulier sur le développement des autoroutes ferroviaires. Un premier projet est dans les cartons sur l’axe Algésiras-Saragosse. L’originalité du cas espagnol réside dans l’implication directe des ports de commerce.

En Espagne, la part de marché du ferroviaire dans le transport de marchandises ne cesse de reculer : elle est même tombée à 3,5 % en 2020, contre 5,1 % en 2015. Le ministère des Transports souhaite relancer le fret ferroviaire et table en particulier sur le développement des autoroutes ferroviaires, c’est-à-dire l’acheminement par voie ferrée de semi-remorques voire de camions entiers. L’originalité du cas espagnol réside dans l’implication directe des ports de commerce. En septembre 2021, un protocole a été signé entre le port de Valence, ADIF, l’entreprise publique en charge du réseau ferroviaire espagnol, et l’entreprise privée Tramesa afin de lancer une autoroute ferroviaire entre Valence et Madrid.

CMA CGM entre en lice

En octobre 2021, le port d’Algésiras, ADIF, la Plateforme logistique d’Aragon (APL selon le signe espagnol) et la société privée Rail&Truck Strait Union en ont fait de même pour mettre sur pied une autoroute ferroviaire entre le port andalou et Saragosse (1 074 ​​​​​​​km). Le lancement du projet est prévu en 2024. L’opérateur du projet sera la société privée Rail&Truck Strait Union, constituée en mai ​​​​​​​2021 par trois actionnaires : Continental Rail, filiale du groupe CMA CGM, Eco Rail, un opérateur ferroviaire basé à Séville, et Marcotran, une entreprise spécialisée dans le transport routier de marchandises et la logistique. 

À Barcelone, l’Autorité portuaire envisage de créer un terminal dédié aux autoroutes ferroviaires. Celle mise en place en février ​​​​​​​2019 par le Français VIIA, filiale de la SNCF, depuis le port de Barcelone vers Bettembourg (Luxembourg), a été interrompue en 2020 en raison du Covid-19 et de la crise économique. Elle devrait être réactivée en 2022. Enfin, les ports de Huelva (Andalousie) et Bilbao réfléchissent également à des projets d’autoroutes ferroviaires.

Des investissements lourds

La concrétisation de ces initiatives repose cependant sur d’importants investissements :

  • adaptation des voies ferrées ;
  • création de terminaux dédiés et installation d’équipements de chargement/déchargement ;
  • acquisition du matériel roulant.

Ces investissements devraient permettre de déterminer les tarifs qui seront appliqués aux utilisateurs. Dernier élément à prendre en compte, et non des moindres, le volume du trafic potentiel. Selon les experts, seuls les trajets sur de longues distances peuvent permettre de viabiliser de tels projets.

Des subventions pour l'achat de semi-remorques

Le contexte actuel semble propice. Les autoroutes ferroviaires sont vues comme un moyen de favoriser le transport routier de marchandises alors que la profession a de plus en plus de mal à recruter. Les premières estimations disponibles font état de tarifs compétitifs. Enfin, dans le cadre des financements européens du programme Next Generation EU, le gouvernement espagnol vient de mettre en place des subventions pour l’achat de semi-remorques destinées aux autoroutes ferroviaires (décret n° ​​​​​​​983/2021 en date du 16 ​​​​​​​novembre ​​​​​​​2021).

Le projet le plus mûr est celui de la ligne entre Algésiras et Saragosse. ADIF a lancé les études pour l’adaptation des gabarits (tunnels et viaducs) afin de permettre la circulation des futurs convois. En novembre ​​​​​​​2021, Rail&Truck Strait Union a sollicité auprès de l’autorité portuaire d’Algésiras une concession de 1,7 hectare pour installer le futur terminal. Les promoteurs du projet tablent sur le trafic de camions Espagne-Maroc en pleine expansion (600 ​​​​​​​000 ​​​​​​​véhicules attendus en 2025) et un prolongement ultérieur vers la France, qui demeure pour l’instant théorique. Beaucoup d’incertitudes subsistent mais les autorités espagnoles, qui ont un rôle clé à jouer pour que de tels projets voient le jour, font preuve d’une vraie détermination. 

Auteur

  • Daniel Solano

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