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Fret ferroviaire : une année difficile en attendant le rebond

Actu-Transport-Logistique.fr | Ferroviaire | publié le : 20.12.2018 | Dernière Mise à jour : 11.01.2019

2018, une année pour rien pour le fret ferroviaire ? Pas si sûr car les chargeurs indiquent à une écrasante majorité que le rail constitue le meilleur report modal à venir.

Crédit photo Olivier Constant

Au contraire de 2017, qui avait marqué une amorce d’embellie, 2018 ne sera pas un bon cru pour le fret ferroviaire. La faute en incombe principalement aux conséquences de la réforme ferroviaire, qui ont cassé une belle dynamique de croissance.

Tout avait pourtant bien commencé pour les professionnels du fret ferroviaire. Les trafics étaient là, en prolongement d’une conjoncture porteuse. Malheureusement, les tensions sociales nées de la préparation de la réforme ferroviaire ont anéanti l’excellent début d’année qu’avaient réalisé les entreprises ferroviaires.

SNCF Réseau enfin plus proche de ses clients

Elles ont donc dû batailler ferme, pour ne pas voir disparaître leurs trafics majeurs durant les mouvements sociaux, ceux-ci ayant eu des impacts dommageables durant le second trimestre 2018. Les conséquences en auraient été bien plus lourdes encore si SNCF Réseau n’avait pas fait évoluer, entre-temps, son mode organisationnel. Cette nouvelle approche inédite, beaucoup plus proche du terrain, a été matérialisée par la création du guichet unique. Il a permis de faire circuler un maximum de trains de fret alors que ceux-ci ne sont pas prioritaires sur le Réseau Ferré National (RFN).

Pourtant le trafic est là

Cette structure provisoire portait déjà en elle les germes d’une nouvelle politique tournée vers le client et qui s’est finalement matérialisée par le lancement officiel du projet d’entreprise Nouvel’R début septembre 2018. Enfin, le schéma pyramidal en mode métiers a fait place à un schéma intégrant les différents métiers autour d’un projet ou d’un segment de réseau (un axe à rénover, par exemple), le but étant de casser la caduque construction en métiers qui constituait autant de silos étanches.

Désormais, ce sont des opérationnels ayant une vue globale de l’ensemble de l’état du réseau qui, avec Patrick Jeantet, son président, conduisent aux destinées de SNCF Réseau. Les entreprises ferroviaires s’en sont félicitées. Sans doute ces dernières ont-elles, toutefois, estimé qu’elles n’avaient pas reçu les compensations financières qu’elles étaient en droit d’attendre à l’issue des mouvements sociaux. Les plus fragiles d’entre elles se battent en ce moment même pour ne pas sombrer, faute de fonds de roulement suffisant. Si cela devait être le cas, ce serait alors la première fois depuis l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire que le nombre d’acteurs diminue.

Pourtant, le trafic est là et bien là, mais il continue d’aller prioritairement à la route. Ce n’est pas là le moindre des paradoxes alors même que les instances dirigeantes appellent à amplifier la transition énergétique et, par là-même, le report modal.

En finir avec la complexité du système ferroviaire

Ce report modal est cependant particulièrement difficile à mettre en place. Il convient au préalable de massifier les flux, de proposer un prix équivalent à celui de la route et, surtout, d’offrir la même régularité que le… transport routier. D’année en année et la Journée du fret ferroviaire et OFP en constitue une parfaite illustration, les intervenants dénoncent la complexité du fret ferroviaire empêtré dans des lourdeurs de toutes natures. Pourquoi les chargeurs, lorsqu’ils veulent organiser des transports ferroviaires, seraient-ils contraints de prévoir les sillons un an à l’avance ! C’est donc incontestablement de simplicité dont a besoin le fret ferroviaire. Les avancées ont été minimes sur ce point en 2018.

C’est un même cas de figure qui prévaut pour les innovations devant conduire à une meilleure compétitivité du rail. Au-delà de l’équipement des trains avec des balises permettant de suivre, enfin, les expéditions en temps réel, ou de l’annonce de la circulation à partir de 2023 des premiers trains de fret autonomes sur une distance limitée à une dizaine de kilomètres, les accouplements de wagons en sont encore à l’âge de pierre. Les travaux sur l’attelage automatique n’ont pas avancé d’un iota et, plus grave encore, ils ne figurent dans aucun projet immédiat, du moins en France.

Le rebond est à portée de main

Alors 2018, une année pour rien pour le fret ferroviaire ? Pas si sûr car les chargeurs indiquent à une écrasante majorité que le rail constitue le meilleur report modal à venir. Les grands opérateurs européens au rang desquels figurent Fret SNCF (prochainement filialisée) en sont pleinement convaincus. Ils signeront, le 14 décembre 2018, le Livre Blanc "Rail Freight Vision 2030" et son Manifeste pour marquer leur engagement de réduire de façon drastique l’impact environnemental du transport de marchandises sur la planète. Espérons qu’ils soient accompagnés par leurs États respectifs (comme cela est désormais le cas en Allemagne), car rien ne se fera sans la mise en place de mesures de rupture cette fois.

Auteur

  • Olivier Constant  

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