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L’IA, le risque social derrière les enjeux de performance

Management | publié le : 01.12.2018 | Dernière Mise à jour : 12.12.2018

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L’IA, le risque social derrière les enjeux de performance

Crédit photo Muriel Jaouën

La montée en puissance des algorithmes d’intelligence artificielle (IA) ne sera pas sans conséquences significatives sur les métiers. Pour les départements supply chain, il est urgent d’investir dans l’accès de tous les collaborateurs à de nouvelles compétences.

Explosion du nombre de données disponibles, augmentation exponentielle de la puissance de calcul des ordinateurs, développement des capteurs et de l’Internet des objets : l’intelligence artificielle (IA) est en train de vivre sa mue, se libérant du monde des phantasmes pour devenir un enjeu proche et tangible. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à instiller quelques touches algorithmiques tout au long de leur chaîne de valeur. Du marketing à la comptabilité, en passant par la production industrielle, les investissements consentis répondent généralement à un triple enjeu : augmenter les revenus, maîtriser les coûts et améliorer l’expérience client. « On ne peut comprendre les effets de l’intelligence artificielle si l’on n’a pas en tête que la clé de tous ces nouveaux enjeux se trouve dans la centralité de la figure du client. Celui-ci est devenu le noyau stratégique des stratégies, des organisations, des processus et des compétences », explique Julien Dutreuil, directeur associé de Bartle Business Consulting.

Mais quid des RH ? Quel impact auront les algorithmes sur les métiers ? Comment orienteront-ils l’évolution des compétences ? Et le management des activités supply chain et logistiques, sera-t-il particulièrement exposé à l’onde de choc ?

Pas d’emballement. Pas davantage de panique. Pour l’heure, c’est plutôt l’attentisme qui prévaut sans les départements RH. S’il ne fait pas de doute que l’IA aura des effets directs, les responsables RH sont bien à la peine quand il s’agit de dire quelles fonctions et quels postes seront impactés, à quelle échelle et de quelle manière. « À cette date, nous en sommes davantage au stade de la veille et de la réflexion. L’intelligence artificielle ne fait pas encore l’objet de déploiements technologiques massifs, qui puissent remettre en cause les organisations du travail et/ou mener à une éventuelle redéfinition des compétences », confirme Jean-Yves Chameyrat, DRH de STEF.

Transformation des missions

C’est sans doute parce que le plus souvent adossés aux filières professionnelles ou à de grandes entreprises, les observatoires sectoriels de métiers minorent généralement dans leurs projections les effets socialement délétères des mutations technologiques. Et la doxa managériale de corroborer : « Il ne s’agit pas de se séparer de collaborateurs, mais bien plutôt d’orienter les compétences vers une capacité accrue à délivrer de la qualité de service aux clients. Bref, l’IA ne devrait donc pas tant être envisagée en termes de disparition de métiers que de transformation des missions », affirme Didier Granger président d’OEM Services, entreprise spécialisée dans la maintenance aéronautique.

La redistribution des tâches entre le travail humain et le calcul algorithmique s’opérera-t-elle pour autant de manière totalement fluide L’IA sera-t-elle davantage porteuse de montée en compétences que destructrice d’emploi ? À l’aune des études sérieuses publiées sur le sujet, on peut supposer que l’IA menace à court terme 10 % des emplois, 25 % à moyen terme et 30 à 35 % dans l’absolu.

Dans tout contexte de révolution technique, la qualification constitue la première protection contre le déclassement. Avec l’IA, comme avec Internet, les fonctions à faible valeur ajoutée, sur-représentées dans le secteur logistique, se trouvent aujourd’hui dans l’œil du cyclone. C’est d’ailleurs souvent par la porte des entrepôts que les premiers objets connectés font leur entrée dans les entreprises. Depuis décembre 2017, Cdiscount utilise sur ses sites des robots gérés par un système de contrôle doté d’algorithmes d’intelligence artificielle. En octobre 2018, XPO a également déployé des robots intelligents sur l’un de ses sites en Île-de-France. « Nos employés peuvent se concentrer sur des opérations à valeur ajoutée comme l’emballage, tandis que les robots réduisent le temps de déplacement et de picking », explique Richard Cawston, directeur général supply chain, XPO Logistics Europe.

GPEC, masterclass et formations supérieures

Si la logique de productivité se double d’un souci de réduction de la pénibilité pour les opérateurs, le déploiement des robots intelligents pourrait rapidement imposer des coupes claires dans les effectifs les plus opérationnels de la supply chain. D’où l’urgence, pour les entreprises, à investir significativement dans la montée en compétence des personnels. « Notre gestion prévisionnelle des emplois et des compétences est de plus en plus sous-tendue par l’émergence des métiers liés à l’intelligence de la donnée et à la qualité de service », affirme Didier Granger. L’un des grands défis des départements RH tient dans leur capacité à former des collaborateurs. Et ce, à tous les étages. Récemment, Cdiscount a lancé une masterclass pour former ses ingénieurs à l’intelligence artificielle. Dans les grandes écoles et les universités, les formations supérieures en logistique et supply chain sont de plus en plus nombreuses à intégrer des modules dédiés à la gestion et l’analyse de la donnée.

Les fonctions d’analyste supply chain, de data miner logistique et de data analyst commencent à émailler les organigrammes des départements supply chain. Car le premier enjeu métier de l’IA est bien là, dans la capacité qu’auront les entreprises à analyser la donnée, à la transformer en information, puis en décision, et enfin en solution.

Ensuite, c’est un autre défi, sans doute plus important encore, qui se dessine dans les horizons managériaux : l’IA ne va pas seulement générer de nouveaux métiers, elle va bouleverser les organisations. Les entreprises vont devoir apprendre à ne plus considérer la data uniquement sous sa facture technique, mais dans sa valeur de transversalité fonctionnelle et sa capacité à servir de lien entre les différents départements de l’entreprise, du marketing à l’approvisionnement, en passant par les achats. « S’ils veulent absorber cette révolution, les départements supply chain ont cinq ans pour faire basculer leurs modèles d’organisation et faire monter leurs collaborateurs en compétences et en qualification », alerte Julien Dutreuil. Bref, il est urgent de ne pas trop attendre.

Les trois stades de l’IA

Au premier stade, la machine est capable de reconnaître des caractères, de cartographier des processus d’exécuter des ordres.

Au deuxième stade, la machine commence à acquérir une base de savoir, à développer des capacités d’apprentissage, à travailler à partir de données non structurées.

Le troisième stade est celui de l’automatisation cognitive, de l’apprentissage autonome, des analyses prédictives, de l’émission d’hypothèses.

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Auteur

  • Muriel Jaouën

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Supply Chain Magazine I Management

Les salariés en attente de formation professionnelle

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