Brexit : l’IATA alerte sur "l’extrême gravité" de la situation du transport aérien en cas d’absence d’accord

Alexandre de Juniac, directeur général et CEO de l’Association internationale du transport aérien (IATA).

Crédit photo IATA
Aucun accord n’est encore signé à ce jour entre l’Union européenne et le Royaume-Uni pour permettre le Brexit, fin mars 2019, dans de bonnes conditions. Alexandre de Juniac, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA) et ancien patron d’Air France-KLM, déplore le manque de transparence dans les discussions entre les deux parties et dénonce une situation qu’il juge extrêmement préoccupante.

Alexandre de Juniac, directeur général et CEO de l’Association internationale du transport aérien (IATA) et ancien patron d’Air France-KLM, envoie un sérieux message d’alerte concernant la complexe situation de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, dans un communiqué du 25 septembre. Aucun accord n’est signé à ce jour entre les deux parties, alors que le Brexit est prévu pour le 29 mars 2019.

Le flou reste entier en ce qui concerne les conditions de séparation, les règles juridiques et commerciales qui régiront les rapports entre les 2 entités. Le plan Chequers, proposé par Theresa May, Première ministre britannique, a été rejeté par les Européens, au sommet de Salzbourg, le 19 septembre dernier.

"Pas d’accord plutôt qu’un mauvais accord"

Les travaillistes ont voté, lors de leur congrès à Liverpool la semaine dernière, une motion en faveur d’un nouveau référendum. Ce à quoi Theresa May s’oppose fermement car elle veut "Premièrement, honorer le résultat du référendum". Un nouveau vote affecterait "la foi dans notre démocratie". Theresa May a confirmé qu’elle préférait "pas d’accord plutôt qu’un mauvais accord". "Nous proposons un accord de libre-échange qui permet un commerce des biens sans friction, tout en permettant le contrôle de notre argent, de nos lois et de nos frontières."

Maintenir des liaisons aériennes vitales

"Les documents du gouvernement britannique sur les implications pour le transport aérien d’un « non-accord » par rapport à l’UE exposent clairement l’extrême gravité des enjeux et soulignent l’énorme travail nécessaire pour maintenir des liaisons aériennes vitales", constate Alexandre de Juniac. Il pense que la reconnaissance mutuelle des normes existantes, notamment en matière des licences de pilote aux dispositions de sécurité réglerait tous ces problèmes. "Mais formaliser cela ne peut pas se faire du jour au lendemain." Il déplore également le manque de transparence dans les discussions entre les deux parties : "Toutes les éventualités doivent être préparées et nous appelons l’UE et le Royaume-Uni à être beaucoup plus transparents sur l’état des discussions".

Les constructeurs élèvent la voix

Airbus avait déjà menacé cet été de quitter le Royaume-Uni, où l'avionneur emploie environ 15 000 personnes, si aucun accord n’était trouvé. Siemens a sérieusement haussé le ton, et une entreprise britannique sur trois craindrait la faillite en raison de l’allongement des procédures de contrôle en douane, selon une étude. Ce sont aujourd’hui les constructeurs qui élèvent la voix : "Ce que les constructeurs automobiles détestent le plus, c’est l’incertitude. Or avec le Brexit, nous sommes servis...", a reconnu Carlos Ghosn, patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, le 3 octobre, lors d’une conférence dans le cadre du Mondial de l’automobile, à Paris. Celui-ci "se prépare au pire scénario, tout en espérant toujours le meilleur".

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