Menu

INTERVIEW

"Avec le numérique, un monde d'opportunités s'ouvre aux logisticiens !"

Logistiques Magazine | Supply Chain | publié le : 28.08.2015 | Dernière Mise à jour : 19.09.2017

Image

"Aujourd’hui, le consommateur prend conscience de la valeur de la logistique", François Deprey, GS1.

Crédit photo © DR

Auteur

  • Marie-Noëlle Frison

À l'occasion de l'Université d'été de GS1 France, qui se tient ce 28 août 2015 à Paris, François Deprey, nouveau directeur général de l'organisme de standardisation, explique comment le numérique va bouleverser les schémas logistiques traditionnels.

Logistiques Magazine : La 10e édition de l’Université d’été de GS1 qui se tient ce vendredi 28 août 2015 à Paris a pour thème "vies virtuelles, vies connectées : miroirs de nos identités". Que peuvent attendre les logisticiens de la révolution numérique en cours ?

François Deprey : On sort d’un modèle logistique unique massifié, fondé sur la palette, la grande distribution et le libre-service, où il revenait au consommateur lui-même d’assurer une partie de la logistique du dernier kilomètre, de son supermarché à son réfrigérateur. Aujourd’hui, le libre-service est remis en cause et les moyens d’accéder aux produits se démultiplient. On peut acheter un produit via son téléphone, se faire livrer à domicile, en points-relais, via un distributeur automatique de colis… Tout un arsenal de solutions sont déployées, testées, dont beaucoup à l’initiative de start-up, comme Colisweb, primé par l’Acsel en 2015, ou de nouveaux réseaux de distribution, à l’instar de La Ruche qui dit oui, qui, dans son modèle de circuit court, réfléchit à de nouveaux schémas d'organisation logistique. Plus les commandes sont atomisées, plus le maillage logistique devient complexe. On est à l’ère de la micro-logistique. Un monde d’opportunités s’ouvre donc aux logisticiens.

Il n’y a pas un modèle qui en remplacera un autre. Les modèles de consommation de masse vont continuer d’exister et le e-commerce ne va pas remplacer les magasins physiques. Les deux évolueront en parallèle et en interconnexion. C’est déjà le cas aujourd’hui. En revanche, ce à quoi je crois profondément, c’est à la paresse du consommateur. On élabore tous des stratégies pour avoir le moins de contraintes possibles. Dans cette optique, il n’y a pas de raisons que la boîte aux lettres réfrigérée ne fasse pas son apparition un jour dans nos rues et nos immeubles. De même, il n’y a pas de raisons de ne pas recourir à la livraison par drones dans certains endroits isolés si cela coûte quatre fois moins cher qu’un mode de transport traditionnel. Avant, la logistique restait dans l’arrière-cuisine, elle ne se montrait pas. Aujourd’hui, le consommateur prend conscience de la valeur de la logistique. Il prend conscience qu’être livré à domicile en 15 minutes par un livreur fait partie du mix marketing d’un produit. Alors que la logistique est considérée depuis des années comme un centre de coûts, l’enjeu est qu’elle devienne un espace de création de valeur !


L. M. : Concrètement, comment GS1 aide-t-il ses entreprises membres à entrer dans cette l’ère de l’omnicanal ?

F. D. : Internet est un vaste chantier. Il ouvre de nouvelles fenêtres de complexité et renforce l’intérêt des standards d'échanges. Face à la masse des produits qu’ils vendent sur leurs sites, de plus en plus de gros e-commerçants demandent à leurs fournisseurs des fiches produits fiables et de qualité. Nous travaillons donc beaucoup sur les fiches produits, sur la structure de la fiche, de manière à ce que tout le monde puisse la lire de la même manière. Avant, le consommateur prenait un objet en linéaire. Sur le web, il achète de l’information. À l’heure d’Internet, la qualité de l’information devient donc cruciale. Dans quelques années, la qualité des données sur la fiche produit aura la même importance que les données figurant sur le packaging d’un produit. Aujourd’hui, on est encore à des niveaux basiques et la saisie manuelle des fiches produits est monnaie courante chez les e-commerçants !


L. M. : Vous êtes depuis mai 2015 le nouveau directeur général de GS1 France. Quelle est votre feuille de route au sein de l’organisation ? 

F. D. : Nous avons un gros enjeu lié à la transformation numérique. Cela a toujours été le cas chez GS1 mais il y a aujourd’hui une accélération significative et un réel besoin des entreprises, et notamment des DSI, d’être accompagnées au changement. Il faut continuer, d’une part, à suivre les gros acteurs de la chaîne d’approvisionnement dans leur démarche d’amélioration sur des sujets variés (EDI, catalogues électroniques "GDSN", réseau de fiches-produits avec mise à jour en temps réel…). D’autre part, nous devons soutenir nos adhérents des PME et des TPE dans les basiques de la transformation numérique (codifications des produits, codes-barres…). Ces petites entreprises, souvent des e-commerçants qui vendent sur les market places (Amazon, Cdiscount…), représentent la moitié de nos nouvelles adhésions.

En termes de résultat, nous avons deux objectifs : augmenter le taux de pénétration de nos standards, très variable d’un secteur à l’autre (100 % dans le secteur de la grande consommation… contre 2 à 3 % seulement dans le secteur du transport et de la logistique !) et augmenter le panier moyen des standards utilisés par nos 36 000 adhérents. Par ailleurs, nous allons renforcer notre offre de services de formation et de conseil dans une structure dédiée qui verra le jour début 2016.

Les plus lus

Abonnez-vous

Pour rester au coeur de votre métier, profitez dès maintenant de l'accès numérique au site www.actu-transport-logistique.fr en vous abonnant à L'Officiel des Transporteurs ou à Logistiques Magazine.

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format