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INDUSTRIE

La relocalisation industrielle : volonté politique versus réalité économique

Logistiques Magazine | Supply Chain | publié le : 14.12.2016 | Dernière Mise à jour : 20.06.2017

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Jérôme Delabre, président de la FIM COsertec et Olivier Wajnsztok, directeur associé du cabinet de conseil Agile Buyers, lors d'une conférence au Midest 2016, au Parc des Expositions de Villepinte

Crédit photo © EL

Auteur

  • Éloïse Leydier

La France a fait de la relocalisation industrielle une priorité nationale. Une mutation de cette géographie pourrait avoir un impact important sur la gestion de la supply chain. Pour autant, les cartes ne semblent pas se redessiner nettement aujourd’hui.

"Le sujet de la délocalisation ou de la relocalisation ne doit pas être abordé de façon idéologique mais sous l’angle économique", met en garde Jérôme Delabre, président de FIM Cosertec, qui réunit les métiers de la sous-traitance mécanicienne.


Peu d'objectifs d'achats tricolores

Alors qu’en France, les pouvoirs publics ont fait de la relocalisation une priorité, selon une étude annuelle réalisée par l’agence de conseil Agile Buyers, "seuls 16 % des acheteurs des entreprises hexagonales avaient l'intention de se fournir dans l’Hexagone en 2016", détaille Olivier Wajnsztok, directeur associé de ce cabinet de conseil, spécialisé dans les Achats.

"Les secteurs industriels sont d’ailleurs les moins enclins à le faire : les professionnels de la mécanique, de la métallurgie et de l'électronique étaient moins de 10 % à avoir des objectifs d'achats tricolores, invoquant des questions d’indisponibilité et de coût", poursuit Olivier Wajnsztok.


Un coût du transport de quelques pour cent

Selon Jérôme Delabre, également pdg de l’entreprise Delabre, spécialisée dans le découpage, l’emboutissage, l’assemblage ainsi que dans la conception et la réalisation d’outillages de presse, le choix de la localisation doit se faire en fonction de la typologie des produits, selon leur niveau de gamme, la main d’œuvre nécessaire à leur fabrication et également des coûts logistiques associés.

"Pour mon secteur d’activité, le coût de transport ne représente que quelques pour cent, illustre-t-il. Il ne peut donc pas être un argument pour une relocalisation. L’acheminement des marchandises entre Le Havre et mon entreprise, à quelques kilomètres, me coûte la même chose que le fret de Shanghai jusqu’au Havre…" Pas de relocalisation pour lui donc, même avec des salaires chinois multipliés par presque 3 en 10 ans.


Commander en plus grande quantité

Mais la partie n’est pas pour autant jouée avec une augmentation des risques fournisseurs, tant par les problématiques politiques, météorologiques que stratégiques avec une diminution du nombre de fournisseurs, pour faire baisser les prix en leur commandant en plus grande quantité.

Les relocalisations pourraient donc se faire selon plusieurs critères : une automatisation des industries rendant la part du coût de la main d’œuvre négligeable dans la production, les défaillances de fournisseurs à l’autre bout du monde, et le prix du baril de pétrole…

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