Menu

INTERVIEW. Mohamed Zariouhi, Ferrero France : "En 2019 nous aurons 3 plates-formes logistiques"

Supply Chain Magazine | Supply Chain | publié le : 22.11.2017 | Dernière Mise à jour : 23.11.2017

Mohamed Zariouhi, directeur Supply Chain France de Ferrero.

Crédit photo DR

En inaugurant le site de Saint-Quentin-Fallavier près de Lyon le 21 novembre, l’enseigne agroalimentaire Ferrero (Nutella, Kinder, Tic Tac…) marque le coup d’envoi de sa mue logistique. De 10 sites logistiques il y a un an, Ferrero n’en aura plus que trois d’ici 2019. L’ouverture de ce site de 30 000 m2, géré par le prestataire SPI Logistique, sera donc suivie de celles d’Orléans, au sud de Paris, et de Normandie, où Ferrero est déjà implanté. Entretien avec Mohamed Zariouhi, directeur Supply Chain.

Supply Chain Magazine : Vous êtes en pleine réorganisation de votre logistique. Pourquoi ?

Mohamed Zariouhi : Nous avons connu ces dernières années deux évolutions majeures. Tout d’abord, une croissance très forte, avec un chiffre d’affaires qui a doublé en 10 ans, pour atteindre 1 milliard d’euros en France (et 10 Md au niveau groupe). Face à cette croissance, notre supply chain s’est adaptée au coup par coup, avec des sites de débord additionnels que nous ouvrions régulièrement pour faire face à nos pics saisonniers ou pour suivre notre activité de copacking. Il y a un an, nous avons ainsi atteint 10 sites logistiques répartis sur l’ensemble du territoire, nécessitant une organisation de plus en plus complexe pour nos équipes.

Le deuxième phénomène auquel nous avons fait face concerne l’évolution des modes de consommation de nos clients. La population étant de plus en plus nomade, il nous a fallu décliner nos produits (Nutella, Kinder, pralines, Tic-Tac…) en différents formats pour réponde à ses attentes. Un produit peut ainsi être proposé dans 5 emballages différents : pour la grande surface, le distributeur automatique, les kiosques en gare, etc. Nous avons également des formats destinés aux saisonniers (Noël, Pâques etc), avec des mix de différents produits, proposés en magasin sur des présentoirs ("boutiques"). Notre activité de copacking a ainsi beaucoup augmenté ces dernières années. Bref, beaucoup de complexité que nous avons voulu réduire en changeant l’organisation de notre supply chain.

SCM : Quelles sont les solutions que vous avez donc choisies et qui ont conduit à l’inauguration du site de Saint-Quentin-Fallavier, le 21 novembre dernier ?

M. Z. : Nous avons travaillé sur deux axes. Le premier concerne le nombre de sites. Tous nos sites ne travaillaient pas toute l’année avec toutes les difficultés que cela suppose de recrutement, d’organisation et de maintien du niveau élevé de qualité exigé par une entreprise comme Ferrero. Pour point de repère, il faut savoir qu’à Noël, notre activité est multipliée par 4, avec 1 000 références à gérer au global toute l’année…

Nous allons donc réduire le nombre de sites à seulement trois : l’un à Orléans, pour servir un tiers du territoire dont le bassin Parisien, que nous ouvrirons d’ici la fin de 2018, un autre à Saint-Quentin-Fallavier qui est opérationnel depuis le 1er juin 2017 et qui est aujourd’hui en pleine puissance, et une autre réflexion sur la Normandie à partir de 2019, où nous sommes implantés historiquement avec notre usine notamment. Chacun de ces sites sera en capacité de gérer l’activité permanente et l’activité saisonnière, et sera donc plus grand que les entrepôts que nous avions jusqu’à présent. Ainsi, la plate-forme de Saint-Quentin vient remplacer les deux sites logistiques de Satolas et un site de copacking.

Le deuxième axe de réorganisation consiste à intégrer le copacking à chacun de nos sites. Il devenait trop compliqué de gérer une production externe au réseau logistique et nous perdions en réactivité. Désormais, le site de Lyon s’occupera des process les plus pointus techniquement en la matière – ce qui explique notre choix du prestataire SPI Logistic, expert dans le domaine du copacking qui a ainsi mis en place 11 lignes de conditionnement – et les deux autres sites à venir auront du copacking plus conventionnel à faire, nécessitant un moindre niveau d’expertise.

SCM : Le site de Lyon a été développé par Prologis, qui a, de plus, mis en place des solutions technologiques connectées. Est-ce que cela vous sera utile ?

M. Z. : Ces outils nous permettent en effet de gagner du temps à différents niveaux. Tout d’abord, nous n’avons plus besoin de contacter les responsables de sites pour connaître le nombre de palettes préparées, expédiées ou en attente. Même chose pour le contrôle des températures, si nous nous inquiétons par exemple d’une semaine particulièrement chaude alors que nos produits doivent être conservés dans des environnements frais de 14 à 18°. Toutes ces données sont désormais disponibles en temps réel. Nous gagnons du temps également lorsqu’il y a des anomalies, puisque nous pouvons mettre en place des alertes, nous permettant de réagir très immédiatement, avant que les conséquences ne soient trop graves. Nous réfléchissons encore à la manière de mieux utiliser toutes ces données que nous avons aujourd’hui à portée de main.

SCM : Est-ce que l’organisation que vous êtes actuellement en train de mettre en place en France sera la même dans les autres pays d’Europe ?

M. Z. : Non, car la France a une spécificité : nous n’avons qu’une seule usine, pour la fabrication des produits Nutella et Kinder, tout le reste étant importé d’Allemagne, d’Italie, de Pologne et de Belgique. Un tiers des palettes que nous traitons viennent de Normandie et les deux tiers de l’étranger. En Allemagne ou en Italie, les usines sont très grandes et sont en capacité de gérer en interne le copacking. Elles n’ont pas besoin de confier cette partie à la direction supply chain ou à des industriels externes.

SCM : Pouvez-vous nous en dire plus sur la plate-forme qui devrait voir le jour en 2018 à Orléans ?

M.Z. : L’appel d’offre vient tout juste d’être clôturé et concerne une très grosse plate-forme. Il faudra donc attendre quelques semaines encore pour une annonce officielle…

 

Ferrero France en chiffres

  • 7 marques : Nutello, Kinder, Ferrero Rocher, Ferrero Assortiments, Tic Tac, Mon Chéri, Raffaelo, Duplo
  • 1,24 Md d’euro de CA (10 Md au niveau groupe)
  • Effectif : 1 350 personnes (dont 900 en Haute-Normandie, où se situe la seule usine de Ferrero en France)

CV Express

  • Formation : Ingénieur des Mines de Nantes
  • Expériences professionnelles : Mohamed Zariouhi a passé 17 ans au sein du groupe Danone, à la tête des directions Supply Chain et Achats au niveau national et international. Il a successivement occupé les postes de directeur des Achats pour Danone produits Frais pendant de nombreuses années. Il a ensuite pris la direction de la Supply Chain Europe de la division Eaux (Evian, Volvic…) puis pour Blédina. Début juin 2016, Mohamed Zariouhi a rejoint Ferrero France en qualité de Directeur de la Supply Chain.

Auteur

  • Eloïse Leydier

Les plus lus

Abonnez-vous

Pour rester au coeur de votre métier, profitez dès maintenant de l'accès numérique au site www.actu-transport-logistique.fr en vous abonnant à L'Officiel des Transporteurs ou à Logistiques Magazine.

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format