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INDUSTRIE

INTERVIEW. Michael Valentin, Opeo : "La logistique doit suivre les évolutions du monde industriel"

Logistiques Magazine | Supply Chain | publié le : 09.12.2016 | Dernière Mise à jour : 17.06.2017

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''On peut penser que les relocalisations en France des industries vont être possibles grâce à l’automatisation des processus'', estime Michael Valentin, directeur associé d’Opeo.

Crédit photo © EPEO

Auteur

  • Éloïse Leydier

Avec l’automatisation, la relocalisation des industries redeviendrait possible en France… avec, nécessairement, des impacts sur l’organisation logistique. Entretien avec le directeur associé d’OPEO, cabinet de conseil créé en 2010, spécialisé dans l’excellence opérationnelle.

Logistiques Magazine : Vous avez récemment organisé les "Rencontres pour la Compétitivité Industrielle", baptisées "Yes We Fab" pour la première édition, pendant lesquelles vous avez remis le Prix RCI de l’excellence opérationnelle dans le secteur industriel. Quels sont les principaux enjeux liés à l’industrie du futur ?

Michael Valentin : La révolution industrielle en cours, la quatrième, repose sur un triple changement : économique, avec des modes de consommation qui évoluent et une économie de la fonctionnalité où il ne s’agit plus de vendre uniquement des produits mais aussi des services associés ; sociétal, avec des citoyens préoccupés par l’environnement et leur cadre de vie d’une manière générale ; et enfin technologique, avec l’apparition de l’Internet des Objets, les imprimantes 3D, les cobots, etc.

Ces changements sont également présents dans l’entreprise qui revoit sa stratégie, change de technologie et fait également évoluer son management vers une nécessaire horizontalité. En effet, pour ne prendre que l’exemple des objets connectés, les données sont de plus en plus renvoyées aujourd’hui par les clients vers le cœur de l’entreprise pour ce qui concerne les services accompagnant la vente de produits.

Dans les usines, cela signifie que que l’opérateur, devenant le destinataire et le premier utilisateur de ces informations, est davantage acteur dans la réponse aux évolutions de la demande, et le manager se positionne davantage comme accompagnateur.


Du fait de l’ensemble de ces évolutions, on peut penser que les relocalisations en France des industries vont être possibles grâce à l’automatisation des processus, et par conséquent à une meilleure rentabilité de ces activités. D’ici à 5 ans, on envisage une hausse de trois points de la part du PIB assurée par l’industrie.


L. M. : Est-ce que cela aura un impact sur le monde de la logistique ?

M. V. : Oui, car si le local revient à la mode, les flux de marchandises vont forcément évoluer… d’autre part, le thème de l’économie circulaire de plus en plus prégnant dans nos sociétés, aussi bien en ce qui concerne l’énergie que les produits consommables, modifie elle aussi la gestion de la logistique, avec par exemple, des distances parcourues plus faibles, mais des trajets plus fréquents.


Autre phénomène qui pourrait impacter le monde industriel et le monde logistique, aux Etats-Unis, on voit naître des sortes de Air B&B de la production industrielle, avec de nouveaux acteurs qui doivent faire le lien entre ceux qui disposent de l’outil mais qui n’en ont pas toujours besoin et ceux qui ne le possèdent pas qui en ont un besoin ponctuel. Dans ce type de schéma d’outil partagé, il y a une nécessité de gestion des flux logistiques inter-entreprises, comme on peut le voir en France avec le partage d’espaces de stockage. L’économie collaborative fait évoluer tous les secteurs.


L. M. : Par rapport aux liens entre renouveau industriel et organisation supply chain, est-ce que les entreprises choisissent un territoire plutôt qu’un autre en fonction des infrastructures logistiques proposées ?

M. V. : Cela peut faire partie des éléments de questionnement mais l’interrogation la plus fréquente concerne plutôt le maintien ou non d’un réseau de distributeurs. Grâce à une logistique collaborative, certains industriels réfléchissent en effet à la possibilité de partager les capacités de stockage et de transports, qui leur permettrait d’opter plus facilement pour la vente directe.

J’ai en tête l’exemple concret d’une PME, fabricant de détergents, qui a voulu expérimenter 2 circuits de vente : l’un vers les grossistes, et l’autre directement vers les artisans, sans intermédiaire. Il doit donc gérer deux logistiques dans son entrepôt, avec préparation de palettes dans un cas et préparation au détail dans l’autre. Si cela a perturbé son organisation, cela fait partie des tentatives d’alternatives testées actuellement par les entreprises.

Je pense donc que l’on va voir apparaître dans les prochaines années un paysage industriel hybride, avec d’un côté de grosses structures ultra-automatisées, dans un mouvement de relocalisation, mais aussi de plus petites usines, dédiées aux produits à forte valeur ajoutée, comme la fabrication sur-mesure par exemple, avec de petites séries, sous le concept d’"usine in a box", des unités de production ultra flexibles. Et la logistique devra évoluer en fonction de tous ces phénomènes.

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