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INDUSTRIE

INTERVIEW. Bruno Puechoultres, Keonys : "Avec une chaîne de valeur connectée, il faut adopter les outils technologiques des industriels"

Logistiques Magazine | Supply Chain | publié le : 12.12.2016 | Dernière Mise à jour : 22.09.2017

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"Les logisticiens peuvent parfois être un des maillons de la production", estime Bruno Puechoultres, VP Stratégie et Innovation, de Keonys.

Crédit photo © Keonys

Auteur

  • Éloïse Leydier

Principalement connu en tant que distributeur et intégrateur des solutions logicielles de Dassault Systèmes, Keonys joue également le rôle de conseil auprès des entreprises. Bruno Puechoultres, VP Stratégie et Innovation, livre son analyse sur l'impact du développement de la digitalisation de l'industrie dans la logistique.

Logistiques Magazine : Quelles sont les opportunités de la supply chain dans le cadre de l’industrie du futur ?

Bruno Puechoultres : Les solutions de digitalisation de l’industrie (modélisation 3D, gestion des données techniques, des infrastructures de données, etc.) impliquent l’utilisation d’un langage particulier, qui se propage de plus en plus bas dans la chaîne de valeur. Par exemple, la maquette numérique, contient de plus en plus d’intelligence, avec une interaction renforcée entre les différents maillons de la chaîne.

Avec la globalisation et la concentration des industriels, la relation avec les suppliers a changé : ils ne doivent plus seulement exécuter les ordres mais doivent aussi intégrer des compétences de gestion de projets, de nouvelles technologies, être encore plus près de la fabrication du produit final.

Les équipementiers, du secteur automobile ou aéronautique, ne peuvent plus produire sans disposer des données précises sur le produit final. Ils doivent donc être équipés des mêmes outils technologiques. Il en va de même pour les logisticiens qui peuvent parfois eux aussi être un des maillons de la production.

On peut citer dans ce cas Daher, à la fois équipementier d’Airbus et prestataire logistique. Avec une chaîne de valeur de plus en plus connectée, les logisticiens doivent adopter les outils technologiques des industriels, et partager les mêmes référentiels, devenir un logisticien intégré pour qu’il y ait une chaîne commune.


L. M. : Mais ces technologies ont un coût… proposer une logistique intégrée, avec les mêmes outils que les gros groupes industriels, n’est pas donné à toutes les entreprises.

B. P. : En effet. Cela n’est pas possible pour toutes les entreprises… aujourd’hui ! Il faut donc trouver les moyens de démocratiser ces outils, qui vont se propager dans l’ensemble du secteur industriel. Ces avancées peuvent représenter des opportunités de croissance pour les entreprises de taille intermédiaire, avec une remise en jeu des contrats plus fréquente, qui ne reposeront plus sur la puissance des groupes mais sur leurs capacités à respecter les délais et le niveau de qualité, permis par l’adoption de ces technologies.

Nous avons en France de nombreuses et belles start-up qui peuvent aider à cette démocratisation. L’ensemble du tissu économique doit pouvoir participer à la chaîne de valeur, y compris la filière logistique qui doit être adaptée à chaque filière industrielle.

Nous en avons un exemple à Toulouse, avec une filière aéronautique soutenue par des partenaires logistiques spécialisés dans ce domaine, sensibilisés et équipés à ses contraintes spécifiques. Mais on est encore loin de l’organisation allemande, avec une régionalisation des compétences et une structuration des filières d’amont en aval.


L. M. : Justement, la France accuse un certain retard par rapport à sa voisine outre-Rhin… Est-ce qu’il sera possible de le rattraper, même avec l’adoption de ces nouveaux outils à tous les niveaux de la chaîne ?

B. P. : Certes, le virage est à prendre aujourd’hui, si on veut assurer notre avenir… mais la France est reconnue dans différents domaines : elle compte des OEM (Original Equipment Manufacturer ou "fabricant d’équipement d’origine") présents sur l’ensemble du territoire et reconnus sur plusieurs secteurs, comme l’automobile, l’aéronautique, le ferroviaire, la pharmacologie…

Il ne manque plus que les entreprises intermédiaires pour la transmission dans la chaîne de valeur. Ce sont ces dernières qui permettront l’émergence des usines du futur, et pour cela, il faut les aider à s’équiper. La France est également connue pour son esprit créatif avec des start-up qui rencontrent un succès mondial et qui vont aider à la démocratisation des derniers outils technologiques. Et enfin, ces nouvelles technologies peuvent aussi moderniser la manière de former nos générations futures et leur redonner envie d'intégrer le domaine industriel.

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