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Corse

SNCM : les ambitions de Corsica Maritima

L'Officiel des Transporteurs | Maritime | publié le : 13.10.2015 | Dernière Mise à jour : 22.07.2017

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Stéphane Baudry (président d'Eurotranspharma) a été, pendant 12 ans, capitaine sur des navires marchands marchands.

Crédit photo © DR

Auteur

  • Slimane Boukezzoula

Le transporteur Eurotranspharma a rejoint les 13 chargeurs corses et le transporteur local Filac Transports, regroupés dans Corsica Maritima, pour la reprise de la SNCM. L’Officiel des Transporteurs s’est procuré le détail de cette offre qui aurait la faveur des pronostics.

Il a pendant un temps tenu la barre d’un navire marchand. Bien avant de prendre les rênes du groupe de transport pharmaceutique Eurotranspharma, Stéphane Baudry a, durant 13 ans (de 1989 à 2002), été capitaine de première classe sur des cargos de Louis Dreyfus Armateurs et de la Méridionale (groupe STEF). "Les marins ont les pieds sur terre", glisse le nouveau venu dans le projet  Corsica Maritima pour la reprise de la SNCM.


"Avec le cœur et par passion"

Stéphane Baudry est l’actionnaire majoritaire de la holding EHDH, qui coiffe les sociétés Eurotranspharma (transports de produits pharmaceutiques) et Ciblex (optique et pharmacie) racheté à Geodis en 2014. L’ensemble pèse un chiffre d’affaires de 400 M€ et un effectif de 2 600 salariés. "Nous avons beaucoup de passage sur la Corse avec la société. C’est important de sécuriser ce fret", souligne Stéphane Baudry. Lequel dit "y aller avec le cœur et par passion".

Avec son expérience du retournement d’entreprises en difficulté (celle de Ciblex) sans doute aussi. Le patron auvergnat est le seul non-corse du tour de table constitué dans Corsica Maritima. Cette société a été créée en juin 2015. Elle rassemble, outre Stéphane Baudry, 13 chargeurs corses ainsi qu’un transporteur local, Filac Transports (16 M€ de CA en 2013). Cette société basée à Biguglia est pilotée, depuis le 20 mai 2015, par Emmanuel et Dominique Quercy. Elle opère dans la marchandise générale, la marchandise "spéciale" (dixit son site internet), le transport exceptionnel et le "frigo".

Filac Transports dit rayonner entre Corse et continent, mais également en Italie, en Belgique et en Allemagne. Propriétaire d’une agence à Vitrolles (10 000 m2 d’entrepôts ouverts), l’entreprise revendique un parc de 50 tracteurs et 200 semis. Avec son expérience de navigant, Stéphane Baudry, lui, apporte du crédit au projet Corsica Maritima, en renfort de Jean-Marc Roué, l’ancien dirigeant de Brittany Ferries qui a rejoint le tour de table le mois dernier.


Un tour de table de "chargeurs réguliers"

La société d’exploitation Corsica Maritima est dirigée  par François Padrona (grande distribution). Elle est détenue par 115 actionnaires, sous la structure de tête CM Holding pilotée par Pierre Anchetti. Chacun des 15 actionnaires de référence (90 % des titres) – dont Stéphane Baudry - détient la même quote-part d’actions.

Les principaux actionnaires de CM Holding se présentent comme "des chargeurs réguliers des compagnies maritimes reliant le continent à la Corse". Ils revendiquent le traitement  d’un million de mètres linéaires de fret, "soit la moitié du fret annuel continent-Corse". Les 15 actionnaires de référence pèsent un chiffre d’affaires cumulé de 15 Md€. Outre les deux transporteurs, ils opèrent dans des secteurs aussi variés que la grande distribution (4 Leclerc), le négoce de matériaux ou la boisson.


Objectif : 42 % du fret dès 2016

Corsica Maritima, qui dispose de 7,5 M€ de fonds propres apportés par les actionnaires, met 21 M€ sur la table pour la reprise de la SNCM. La société annonce une enveloppe de 30 M€ d’encours bancaires procurés par 5 banques ainsi que 6,5 M€ sous la forme d’obligations convertibles. Le périmètre de reprise comprend 800 salariés (sur 1 300) – une cellule de reclassement créée par les actionnaires est en cours de constitution - et 6 navires. Le projet, orchestré avec le concours du cabinet Accuracy, prévoit le partage entre tous les salariés de 25 % du résultat.

Le rayon d’action de Corsica Maritima doit se concentrer, sur le continent, sur le seul port de Marseille. Les actionnaires ont pour objectif de ramener le fret de Toulon vers la cité phocéenne, à la barbe de Corsica Ferries. Le business plan établi par Accurracy sur un double schéma - avec ou sans la DSP (délégation de service public) - prévoit un retour à un Ebitda supérieur à 0 "entre 2016 et 2017".

Sans la DSP, les projections à l’horizon 2020 font état d’un chiffre d’affaires de 183,5 M€ (154,1 M€ pour 2016) et d’un EBITDAR (résultat avant remboursement des navires) de 19M€ (-13,5 M€ en 2016). Quant au résultat net, il est prévu à 7,8 M€ en 2020 et -16 M€ en 2016. Calculé avec maintien de la DSP, le plan table sur un revenu de 161,5 M€ en 2020 (139 M€ en 2016) et un EBITDAR de 27 M€ (21,5 M€ en 2016). Le résultat net 2020, lui, est programmé à 9,2 M€ (8,9 M€ en 2016).

Selon des chiffres présentés par Accuracy, la SNCM accaparait, en 2014, 35 % du trafic de fret (en mètres linéaires) entre le continent et la Corse. Les projections du cabinet lui promettent de passer à 42 % dès 2016, stable jusqu’à 2020. Corsica Maritima assure que ni Bruxelles (pour les 440 M€ d’aides publiques à rembourser) ni l’Autorité de la concurrence n’opposent de conditions à sa candidature. La société se voit un avenir au-delà de la Corse, vers le Maghreb, la Sardaigne, les Baléares), l’Italie et le Maroc.

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