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Un vecteur du renouvellement de l’offre

Tendance | Automatisation | publié le : 01.04.2018 | Dernière Mise à jour : 10.04.2018

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Un vecteur du renouvellement de l’offre

Crédit photo Maxime Rabiller

Le paysage de l’automatisation s’enrichit, avec l’accent sur la flexibilité des solutions et leur capacité à évoluer avec les besoins des clients. C’est l’angle d’attaque des nouveaux entrants, mais aussi un aiguillon pour les acteurs établis. Au-delà des questions d’architecture, le volet informatique est crucial.

Le ballet des Skypod sur le stand d’Exotec Solutions a été l’une des attractions de la dernière SITL. Au-delà de la curiosité suscitée par ces robots de préparation goods to man, les premiers à se déplacer en 3D jusque dans les racks, nombre de visiteurs y ont sans doute vu une solution davantage susceptible d’accompagner l’évolution de leurs besoins qu’un système plus classique. Pdg et cofondateur de la start-up mi-2015, Romain Moulin mentionne l’inspiration tirée des robots Kiva déplaçant des étagères, acquis en 2012 par Amazon pour son usage exclusif : « C’était un signe que la formule devait toucher de vrais leviers d’optimisation, et qu’il valait mieux cibler ce créneau de la préparation de commandes de détail », retrace-t-il.

Un champ ouvert à l’innovation

Les prémices du projet Exotec lui avaient aussi permis de mesurer l’intérêt croissant des e-commerçants et des logisticiens pour l’automatisation, « mais pas question pour eux d’investir au prix de leur agilité, surtout dans le contexte d’une croissance de 15 à 20 % de l’e-commerce par an. Notre solution se devait donc d’être hyper performante, mais aussi rapide à déployer et à étendre en fonction de l’accroissement des flux, du nombre de références à stocker ou de l’évolution du profil des commandes à traiter », poursuit Romain Moulin. Un cahier des charges tenu par le système proposé depuis l’an dernier par Exotec, qui cumule depuis les distinctions. Sa flexibilité est clairement un atout, car cela reste une préoccupation majeure de beaucoup d’entreprises. « Jusque dans les rangs des autres acteurs de l’automatisation », note-t-il, en évoquant la multiplication des pistes d’innovation, à l’image des systèmes où les navettes peuvent changer d’allée, ou de niveau.

Plusieurs années auparavant, le cheminement de la réflexion avait été similaire chez Scallog, qui a introduit en France la formule de préparation goods to man à étagères mobiles. Son fondateur et Pdg, Olivier Rochet, confirme que la flexibilité de la solution est un critère essentiel pour ses clients, avec la rapidité du ROI et l’optimisation de la surface de stockage. Cette notion de flexibilité a cependant plusieurs facettes, selon lui : « Côté installation, l’enjeu repose sur la rapidité de déploiement, de modification, voire de déménagement d’une cellule ou d’un site à l’autre. Le tout en quelques jours, ou d’une à deux semaines, sans lourde gestion de projet, en s’accommodant des caractéristiques internes de l’entrepôt et sans perturbation durable des opérations ». Il en découle une flexibilité côté investissement, quelques centaines de k€ permettant de démarrer, en dimensionnant l’installation à l’échelle des besoins existants, plutôt que ceux du pic annuel ou de volumes projetés à moyen terme. Et l’étagère de stockage peut elle-même s’adapter à différents formats ou types de produits, placés en bacs ou suspendus dans le cas des textiles.

Répondre à la variété des contraintes

« Cette diversité des produits peut surtout impliquer des modes de préparation très différents, à bien appréhender d’un point de vue informatique », poursuit Olivier Rochet, en prenant l’exemple de cosmétiques qui relèvent plutôt de commandes multiproduits, à la différence des chaussures. Et si ces dernières sont souvent stockées à la volée dans les emplacements disponibles pour densifier le stockage, des pièces détachées peuvent soulever des problématiques de lot, à prendre en compte en affectant à chacun un emplacement désigné avec une optique de réassort. Le ballet des étagères vers les postes de picking/mise en stock est d’autant plus complexe à régler. La clé réside dans un logiciel central type WCS, en interaction avec les robots, autonomes dans la réalisation de leurs tâches.

Principe similaire chez Exotec, où la clé de la flexibilité repose sur le logiciel maison Astar, qui fait le lien entre le portefeuille de commandes reçu du WMS et les missions de picking à confier aux robots. « C’est l’équivalent d’un WCS, avec algorithme et intelligence artificielle en plus », résume Romain Moulin. Selon les contraintes liées aux profils des différentes commandes, ou à un degré de priorité signalé par le WMS, l’algorithme d’optimisation sait trouver la solution adéquate. « D’où plus de robustesse aux variations des principes logistiques, surtout que rapidement, l’IA trouve des marges d’optimisation, alors que dans un système automatisé plus classique, une évolution de fond implique de revoir la programmation de l’ensemble », assure-t-il. L’utilisation de robots mobiles intelligents présente aussi un avantage en rapidité de déploiement : dès le premier, toute l’intégration logicielle est en place, sans besoin de modifications lors de l’ajout des suivants. Si le client doit traiter + 15 % de commandes par jour, il suffit d’ajouter + 15 % de robots, sans arrêter le système, et éventuellement d’ajouter un poste de prélèvement. Pour répondre à la multiplication des références, c’est le nombre de racks et de bacs qui est augmenté, avant une relance du système sur un week-end. In fine, le coût de la solution a l’avantage d’être très proportionnel à la performance à délivrer.

Prime à la modularité

Avant Scallog ou Exotec, Boa Concept avait fait bouger les lignes il y a 5 ans, en suivant d’autres pistes innovantes en matière d’architectures matérielles et informatiques. « Nous avions bien identifié l’enjeu de la flexibilité, auquel répond le côté modulaire de nos équipements », indique Chantal Ledoux, cofondatrice et directrice générale de l’entreprise stéphanoise. L’idée : des convoyeurs proposés en modules d’1 m pouvant être remplacés par d’autres, porteurs de fonction différentes (une table de transfert, une dérivation, un module de pesée, d’étiquetage, etc.). Le tout permet de faire facilement évoluer le système, d’autant plus que l’accent est mis sur la facilité d’installation, avec prémontage et test en atelier, puis raccordement sur le site. Le volet informatique est en partie décentralisé. Chaque élément, étant doté de programmes résidents simples régissant son fonctionnement, permet aussi d’alléger le volet de programmation du système. « La formule a réduit les délais d’installation et de mise en route, mais surtout a permis d’en ramener le coût à 10-13 % du total, alors qu’ils peuvent ailleurs dépasser les 50 %. Cet effet induit par la modularité favorise clairement la flexibilité pour les clients, et permet même d’envisager de façon rentable le déménagement d’un système si le développement du client implique de changer de site », assure-t-elle. C’est aussi ce qui permet aujourd’hui à Boa Concept d’introduire sa formule Conveyor as a Service (CaaS), une alternative à l’investissement d’autant plus innovante qu’elle porte sur des équipements d’automatisation fixes, à la différence des formules de location déjà développées pour les AGV (voir page 54).

Une flexibilité en mode industriel

Quelles que soient leur approche et leur proposition technologique, les nouveaux entrants évoqués ciblent avant tout la préparation de commandes au détail. Sauf Boa Concept, dans une certaine mesure, qui a d’ailleurs structuré une offre charges lourdes. Or, dans nombre d’entreprises, le défi posé à l’automatisation tient justement à la cohabitation de flux de natures très différentes, massifiés en mode B to B et au détail, ou presque, pour servir des particuliers ou réachalander un réseau de magasins. « Dans ce contexte, la flexibilité doit plutôt s’entendre comme la capacité d’un système à gérer les deux volets sans que la performance d’un type de préparation se fasse au détriment de l’autre », indique Patrick Tessier, directeur des ventes Europe du Sud de TGW. Il recense beaucoup d’évolutions qui vont dans ce sens ces dernières années. Comme l’association d’un buffer de stockage à navettes à un trieur permettant de préparer les commandes les plus simples comme les plus sophistiquées, impliquant par exemple un grand nombre de produits à envoyer dans le bon ordre pour leur palettisation, voire pour ensuite la mise en rayon dans un supermarché.

Patrick Tessier n’est par ailleurs pas le seul à vanter les mérites des trieurs à pochettes, dont l’avantage est justement d’assurer à la fois cette fonction de stockage temporaire et de maîtrise des préparations. Le goods to man n’est pas en reste dans l’offre du spécialiste autrichien de l’automatisation. Présentée il y 18 mois, sa solution FlashPick de préparation intelligente allie stockage haute densité et préparation haute cadence pour alimenter des batteries de postes de travail, avec une architecture informatique permettant justement la flexibilité évoquée. Une formule standardisée pour réduire le déroulé des projets à 12 mois. Une autre approche de la flexibilité, dont la facture a vite fait de dépasser le chiffre d’affaires cumulé de Boa Concept, Scallog et Exotec. Reste qu’un distributeur spécialisé français a franchi le pas sur un de ses entrepôts XXL.

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Auteur

  • Maxime Rabiller

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