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Flexibiliser ses investissements

Tendance | Automatisation | publié le : 01.04.2018 | Dernière Mise à jour : 10.04.2018

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Flexibiliser ses investissements

Crédit photo MR

Pour automatiser, encore faut-il pourvoir consentir les investissements en jeu, quel que soit le ROI visé. La question de la location des équipements est souvent évoquée, mais peine à faire son chemin. Boa Concept fait bouger les lignes avec sa formule Conveyor as a Service.

Les projets se chiffrent a minima en centaines de milliers d’euros, et jusqu’en dizaines de millions pour les « usines logistiques », notamment côté grande distribution. Certes, la flexibilité ou la modularité croissante des solutions permettent de séquencer l’investissement, mais n’y a-t-il pas d’alternative ?

Au-delà des modes de financement de type crédit-bail, qui permettent de ménager sa capacité d’endettement pour investir dans des projets jugés plus cœur de métier, on songe à des formules de location, comme dans le monde du chariot. « Mais l’équation est bien différente pour les systèmes automatisés », remarque Pierre Marol, d’Alstef et B2A. Côté chariots, on parle effectivement de matériels plutôt standardisés, sans véritables infrastructures à mettre en œuvre, hormis celles de recharge, et pour lesquels il existe un marché de l’occasion, avec la possibilité d’anticiper une valeur de revente.

AGV en location, demain les robots ?

Pour ces raisons, la formule de la location a d’ailleurs percé dans le monde de l’automatisation sur le segment des AGV. Via les loueurs spécialisés, comme Aprolis, mais aussi en direct chez certains fabricants, à l’image de BA Systèmes qui a créé dès 2005 sa structure BA Services pour proposer une offre de location de chariots automatique en full service. Et on peut imaginer que la formule s’acclimate sur le segment des petits robots de préparation goods to man.

Chez Exotec Solutions, la structuration d’une offre de location semble prématurée, mais le principe paraît assez naturel à Romain Moulin, le nombre de robots étant justement la variable d’adaptation à l’évolution des flux. Encore faudrait-il trouver le business model adéquat, sachant que le système est pensé et fourni dans sa globalité, avec racks, postes de préparation et logiciel associés. Plus avancé dans son développement, Scallog n’a pas non plus franchi le pas, même si Olivier Rochet admet avoir déjà répondu à la demande ponctuelle d’un client 3PL pour gérer un pic d’activité. « L’idée n’est pas d’étendre le principe au sein du parc, note-t-il. La logique d’investissement prévaut chez les clients, surtout que les montants restent mesurés et le ROI rapide, de l’ordre de 2 ans. »

Boa Concept automatise en mode Services

Dans ce contexte, le lancement annoncé par Boa Concept lors de la SITL de sa formule CaaS (Conveyor as a Service) semble d’autant plus innovant, vu qu’elle concerne effectivement des équipements à installer en entrepôt. « Nous avions l’idée en tête dès la création de l’entreprise en 2012, et la marque CaaS avait été déposée à l’époque, indique Chantal Ledoux. Cela prolonge notre volonté de proposer un maximum de flexibilité, en déclinant le principe jusque dans le processus de décision d’un projet d’automatisation, ou d’une extension, afin de faciliter l’accès à notre offre de produits ».

En l’occurrence, elle parle moins de formule de financement ou de location que d’une mise à disposition de tout ou partie d’une installation, inscrite dans une offre de services étoffée, pour un loyer trimestriel tout compris : matériel, installation, assistance et formation, ainsi que maintenance préventive et curative. Jusqu’à la gestion de l’obsolescence du matériel, propriété de Boa, et du maintien de son niveau de performance dans le temps. Seul le tout premier loyer est majoré, compte tenu des coûts d’installation et de mise en route, les autres permettant ensuite de lisser la dépense et de l’inclure dans ses coûts d’exploitation.

Cette formule CaaS est proposée avec un engagement minimum de 12 mois. « Il ne s’agit pas de location saisonnière pour répondre à un pic d’activité. Nous avons souvent eu ce type de demandes, mais toutes peu ou prou pour la même période, d’où l’incapacité de proposer un business model intéressant, poursuit Chantal Ledoux. Il s’agit bien d’accompagner la croissance de nos clients, avec la perspective de les voir étendre leur installation. C’est d’ailleurs dans le cadre de notre propre développement à l’international que le sujet s’est imposé dans notre calendrier stratégique. Notamment au contact de clients du Benelux, où le fonctionnement et la culture d’entreprise sont plus orientés vers ce type de services, qui s’inscrit dans l’évolution d’une économie de la fonctionnalité plutôt que de la possession ». Quant au principe encore plus disruptif d’une facturation à l’usage, comme peuvent le proposer les 3PL, elle assure y réfléchir, mais souligne les difficultés à dépasser, notamment pour définir les unités d’œuvre.

À ce stade, cette formule CaaS n’est proposée qu’en Ile-de-France et en Rhône-Alpes, compte tenu de l’implantation des équipes de Boa Concept et de la garantie d’intervention sous 4 heures qui prévaut. Mais il s’agit bien d’un pilier de la stratégie de développement de l’entreprise, qui imagine réaliser un tiers de son CA par ce biais, d’ici 5 ans.

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