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Patrons de PME, pensez à déconnecter !

L'Officiel des Transporteurs | Sur le VIF | publié le : 22.07.2016

Alors que la loi « Travail » introduit le droit à la déconnexion pour les salariés, Olivier Torres explique pourquoi les dirigeants doivent aussi apprendre à « lever le nez du guidon ». Il préside Amarok, un observatoire de la santé des dirigeants de PME.

Vérifier ses mails, recevoir des appels, voire planifier des rendez-vous avec les clients, bien des dirigeants restent en permanence connectés à leur entreprise depuis leur lieu de vacances. Si entreprendre est bon pour la santé, selon Olivier Torres, professeur à l’université de Montpellier, à Montpellier Business School et président de l’observatoire de la santé des dirigeants de PME Amarok, le risque de burn-out pour les dirigeants, souvent seuls à la barre de leur entreprise, est réel. « Diriger une entreprise donne le sentiment de maîtriser son destin, d’être très endurant, analyse-t-il. Le dirigeant est à la fois un investisseur, un employeur et un formateur : tout ça engendre de l’optimisme ». Mais la charge de travail pèse lourdement sur les épaules des patrons de TPE et PME qui travaillent en moyenne 55 heures par semaine et manquent de sommeil. Les vacances peuvent non seulement être l’occasion de recharger leurs batteries mais aussi de remettre à plat leurs habitudes pour en créer de nouvelles, comme s’octroyer régulièrement des moments de déconnexion. Les dirigeants de PME prennent peu de congés, généralement entre 3 et 4 semaines par an, donc moins que leurs salariés. Une évolution est toutefois intervenue avec une prise de conscience que vie professionnelle et vie personnelle doivent se concilier. « Le discours sociétal sur la nécessité de déconnexion et de prévention a changé, reconnaît Olivier Torres, qui prépare une étude sur le techno-stress et l’usage intensif des nouveaux outils de communication. D’une manière générale, la jeune génération semble beaucoup plus soucieuse de son bien-être que les anciens de la génération papy-boom qui se tuaient au travail. En revanche, son utilisation plus intensive des outils de communication – téléphone portable, mails, réseaux sociaux – peut aussi avoir un impact sur sa santé. »

Nouvelles habitudes

Apprendre aux dirigeants à déconnecter vraiment de leur travail n’est pas de tout repos pour le professeur. «  Ils n’ont pas la culture de la déconnexion, note Olivier Torres. En partant en vacances, beaucoup donnent à leurs collaborateurs l’instruction de les appeler en cas de problème. D’ailleurs, certains d’entre eux ont un mode de gestion très centralisé, obligeant le collaborateur à appeler plusieurs fois par jour. Enfin, ils ne peuvent souvent pas s’empêcher de lire leurs mails tous les jours. Ils ne sont donc pas du tout déconnectés. » S’il dispose de personnes de confiance au sein de l’entreprise, le dirigeant peut préparer la période de déconnexion en discutant de la marche à suivre pour une délégation temporaire de certaines responsabilités. Lorsque le chef d’entreprise ne peut se passer d’un contact permanent avec sa société, il peut toutefois s’organiser pour éviter tout stress inutile. « Il peut par exemple éviter de lire ses mails le soir. S’il reçoit une mauvaise nouvelle, il ne pourra de toute façon pas agir avant le lendemain matin. Beaucoup de dirigeants s’endorment ainsi avec leurs problèmes. » Le besoin de déconnexion n’est toutefois pas propre aux vacances. Le dirigeant peut aussi agir au quotidien, notamment sur la récupération des nuits écoutées en s’imposant une sieste d’un quart d’heure à 20 minutes. Les dirigeants ne dorment que 6 h 30 par nuit, contre 7 h 05 pour le Français moyen. « Et s’ils dorment moins que le reste de la population, c’est pour travailler plus, et non pour des activités alternatives », souligne le président d’Amarok. Ils doivent donc s’aménager de vrais moments de déconnexion afin que le corps et l’esprit puissent se reposer. Pourquoi ne pas s’offrir une pause hebdomadaire de deux heures pour un « rendez-vous avec soi-même », préconise l’enseignant. « Un moment qui pourra associer la marche à pied pour un double avantage : une bonne gestion du stress et la lutte contre la sédentarité, un mal endémique qui touche particulièrement les dirigeants de PME ».

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Auteur

  • Gwenaëlle Ily

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Valérie Querlioz, dirigeante PSL (38)

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Jean-Yves le Dreff, président du groupe Tratel (78)

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Yves Matranga, dirigeant des Transports UTE (93)

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