Fret ferroviaire : Rungis restera branché fer

La suppression d'une première liaison ferroviaire Perpignan/Rungis, en 2016, avait engendré la mise sur la route de plus de 200 poids lourds.

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Malgré des inquiétudes émises par certains cheminots, le dernier train reliant Perpignan au Marché International de Rungis est maintenu.

Et si le dernier train de primeur Perpignan-Rungis était supprimé ? Les cheminots s’inquiétaient en effet de le voir disparaître, après la suppression de l'autre liaison saisonnière ferroviaire, en 2016, qui a engendré la mise sur la route de plus de 200 poids lourds. En mai dernier, l’union locale CGT de Perpignan a ainsi organisé une conférence de presse au sujet de l’avenir de la ligne reliant la gare Fret de Saint-Charles au marché international de Rungis (MIN).

Un train de nuit quotidien

La CGT avait déjà interpellé le ministère des Transports en décembre 2015, craignant "un non-sens économique, social et environnemental", soulignant le trafic saturé de l’A86, au niveau de Rungis, "où passe un poids lourd toutes les 6 secondes en moyenne". Leur courrier est resté sans réponse mais quid de la situation ? En 2016 la SNCF, à laquelle les deux opérateurs locaux, Transalliance (transports Philippe Rey) et les transports Roca louent le train, a augmenté ses tarifs. Pour des raisons économiques, ils n’ont pu maintenir qu’un seul train de nuit quotidien.

Pas de suppression envisagée

La Semmaris, gestionnaire du MIN, ne peut envisager la disparition totale de cette ligne. "Depuis une quinzaine d’années, nous défendons le ferroviaire sur Rungis et avons même créé en 2010 un bâtiment dans lequel nous avons investi beaucoup d’argent avec la Région, le département (94) et la SNCF", commente David Bourganel, directeur développement à la Semmaris. Il avoue même que les infrastructures liées au ferroviaire (louées à la SNCF) sont en déficit "mais ce n’est pas grave, nous assumons", assure-t-il.

Un contrat renouvelé

Côté opérateur, Hugo Mézard se montre plutôt optimiste. Le directeur général des transports Roca annonce un contrat signé jusqu’à novembre 2018 avec la SNCF. Malgré des inconvénients dus à des travaux, déjà planifiés sur l’axe, le dirigeant se montre plutôt satisfait du service. Il regrette cependant l’impossibilité de programmer un second train durant les périodes de pic puisque les sillons doivent être réservés un an avant. Davantage de souplesse dans le ferroviaire demeurerait "un rêve", mais Hugo Mézard reste vigilant sur la compétitivité du train : "Il faut que le tarif soit en adéquation avec le gain apporté".  

Zoom sur le MIN et la Semmaris

Très "green business", la Semmaris, gestionnaire du Marché de Rungis (MIN), fait la part belle au ferroviaire dont le terminal irrigue le marché depuis sa création en 1969. "Tous les bâtiments étaient embranchés fer à une certaine époque. On était beaucoup plus modernes dans le ferroviaire il y a 50 ans ! Et on l’utilisait beaucoup plus que maintenant", constate David Bourganel, directeur développement à la Semmaris.

Le terminal était configuré pour accueillir deux trains quotidiens, soit environ 400 000 t de marchandises par an. "Le train Perpignan-Rungis est le seul train direct en Europe qui roule à grande vitesse, à quasiment 150 km/h en monoproduit fruits et légumes", souligne David Bourganel. La Semmaris entend donc défendre ce mode vertueux d’autant que la rentabilité n’est pas encore au rendez-vous avec l’investissement de 2010. En parallèle, la Semmaris réfléchit avec la SNCF à un projet d’autoroute ferroviaire sur Rungis à moyen terme.

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